«Le gouvernement nous fournit la corde et on est en train de se pendre»

QUÉBEC — «Le gouvernement ne nous laisse pas le choix: il nous fournit la corde et nous sommes en train de nous pendre.»

Les restaurateurs sont déçus: ils n’ont pas reçu le signal qu’ils espéraient du premier ministre François Legault lundi.

Ils ont été parmi les premiers à devoir fermer leurs portes et ils sont toujours en attente, contrairement à plusieurs autres secteurs qui ont eu soit des signaux pour se préparer à rouvrir, soit des plans de déconfinement même amorcés. Ils réclament au moins un calendrier pour être prêts à rouvrir à l’arrivée de la belle saison.

«Il y a un peu de déception, on n’est pas dans les plans du tout, (…) c’est déjà catastrophique présentement», a déclaré le porte-parole de l’Association des restaurateurs (ARQ), François Meunier, en entrevue avec La Presse canadienne.

«Si on ne peut minimalement rouvrir un peu pour au moins assurer le paiement des frais fixes, le gouvernement ne nous laisse pas le choix: il nous fournit la corde et nous sommes en train de nous pendre.»

En conférence de presse lundi au parlement pour faire le point sur la lutte à la pandémie, le premier ministre François Legault ne s’est pas aventuré à évoquer une date ou un scénario.

«Quand ce sera le temps de rouvrir, on va essayer de les aider financièrement, mais pour l’instant, à court terme, on ne prévoit pas de réouverture.»

Il a expliqué qu’il faudra encore du temps parce qu’il est plus difficile de respecter les 2 mètres de distanciation entre les clients.

Pourtant, dans d’autres pays, une série de mesures ont été mises en place pour permettre aux restaurants d’ouvrir tout en se conformant aux mesures de distanciation.

Les gestionnaires et propriétaires d’établissements ont déjà pensé à des solutions, a assuré M. Meunier. Par exemple, ils réclament d’assouplir les règles pour pouvoir élargir les terrasses, quitte à fermer certaines rues.

Ils sont prêts à bouger vite et à respecter le nouveau cadre, mais il faut qu’ils en prennent connaissance rapidement, puisque leur viabilité financière en dépend, a expliqué le porte-parole. Il est déjà «minuit moins une» pour bon nombre d’entre eux, a-t-il évoqué.

«Si on n’a pas, à la fin, d’espérance d’ouvrir un peu, il nous reste quoi? Depuis trois semaines (qu’on attend), envoyez-nous d’un peu d’espoir, pour sortir la tête de l’eau parce que là, on est immergés.»