Le gouvernement se prépare à interdire de nombreux fusils d’assaut

OTTAWA — Le gouvernement fédéral s’apprête à interdire un grand nombre de modèles de fusil d’assaut, comme celui utilisé par l’auteur de la tuerie de Polytechnique en 1989.

Au cours de la dernière campagne électorale, les libéraux avaient souligné que les fusils pouvant causer des tueries de masse n’avaient pas leur place au Canada.

Selon une source bien au courant du dossier, mais qui n’était pas autorisée à en parler publiquement, le gouvernement compte adopter un décret au cours des prochains jours pour interdire plusieurs modèles, dont le Ruger Mini-14, l’arme dont s’était servi le tireur pour tuer 14 femmes à Polytechnique, le 6 décembre 1989.

Les propriétaires qui avaient acheté ces types d’arme en toute légalité pourront les remettre aux autorités au prix du marché.

Le premier ministre Justin Trudeau a fait savoir jeudi que le gouvernement était presque prêt à adopter des mesures visant à interdire certains types d’arme lorsque le Parlement a été suspendu en mars à cause de la COVID-19.

Selon lui, il existe «un large consensus» parmi les Canadiens contre la violence armée au pays.

«Il n’y a pas de place au Canada d’avoir des armes conçues pour tuer le plus grand nombre de gens dans le plus court laps de temps, a-t-il souligné lors d’un point de presse, jeudi. Quand nous allons faire des annonces dans les jours à venir, nous allons avoir plus de choses à dire sur les mesures.»

Le gouvernement veut donner plus de pouvoirs aux provinces et aux villes pour réglementer l’utilisation des armes à feu sur leur territoire et leur entreposage, car les préoccupations à ce sujet peuvent être différentes d’un endroit à l’autre.

Le gouvernement fédéral fait l’objet de nombreuses questions concernant les promesses électorales à la suite de la tuerie survenue récemment en Nouvelle-Écosse.

La vice-première ministre Chrystia Freeland a renchéri en déclarant qu’un contrôle plus strict des armes à feu était une priorité absolue qui ne pouvait plus attendre.

«La crise de la COVID-19 a changé nos plans pour le printemps, mais on va le faire. Je ne peux pas préciser aujourd’hui les dates, mais je peux vous assurer qu’on va le faire très vite», a-t-elle lancé. «On a le mandat électoral des Canadiens pour agir et faire des choses. Les Canadiens ont élu une majorité de députés qui appuient ces mesures», a poursuivi Mme Freeland.

Des opposants au contrôle des armes à feu s’inquiètent des intentions du gouvernement. Jeudi, la Canadian Sporting Arms and Ammunition Association a écrit sur Twitter que la population devait s’inquiéter que le gouvernement profite de «ses pouvoirs d’urgence» pour faire progresser un élément de son programme électoral au cours d’une crise nationale.