Le gouverneur Phil Scott trouve la polarisation aux États-Unis «très dangereuse»

MONTRÉAL — Le gouverneur de l’État du Vermont, Phil Scott, se dit très inquiet de la polarisation actuelle aux États-Unis.

Le gouverneur Scott a fait part de ses préoccupations à l’issue d’une allocution devant le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM), mercredi.

Gouverneur du Vermont depuis 2017, Phil Scot est un républicain modéré qui s’est prononcé en faveur de la destitution (impeachment) du président Donald Trump. Il se dit fiscalement conservateur, mais socialement libéral. 

Un républicain qui n’aime pas Trump

«Je n’ai jamais été un supporter de Trump dès le jour un», affirme-t-il fermement d’entrée de jeu. 

«Je suis un modéré, un centriste, je l’ai été durant toute ma carrière politique. Je ne me considère pas comme étant très politique, mais j’aime réaliser des choses. J’aime que les choses se fassent, j’aime travailler avec les gens pour améliorer le sort de la population», explique-t-il.

Il se dit consterné par la division non seulement de son parti, mais de l’ensemble de la population.

«Je suis très préoccupé par la polarisation en général et pas seulement du Parti républicain, bien que cela reçoive le gros de l’attention à ce moment-ci», reconnaît-il en raison du contexte électoral de mi-mandat sur fond de démêlés judiciaires de l’ex-président Trump.

«Nous sommes d’abord des êtres humains»

Et ce contexte, croit-il, empêche le pays d’avancer.

«Quand vous avez une plus grande polarisation, une plus grande division entre les gens, il n’y a plus aucune façon de travailler ensemble. Nous devons nous rappeler que nous sommes d’abord des êtres humains et aux États-Unis, nous sommes d’abord des Américains. Être membre d’un parti est secondaire à tout cela et je crois que nous avons besoin de ramener les gens ensemble pour le bien commun.»

Il se dit malgré tout partisan du système politique bipartite américain qui, selon lui, a fonctionné pour le pays dans le passé, «mais nous devons faire de la place aux centristes plus modérés pour qu’ils aient une voix également», précise-t-il.

Une polarisation «très dangereuse»

Il va sans dire que la situation actuelle l’inquiète car personne ne veut céder un pouce.

«Je crois que nous devons prendre un pas de recul. La polarisation – vous êtes membre de cette équipe ou vous êtes membre de cette autre équipe – est très dangereuse et crée une ligne entre nous et je crois que cela force les centristes plus modérés à choisir un camp et c’est là le danger.

«Nous devons commencer à mieux nous traiter les uns les autres, avec plus de respect et plus de civisme, écouter les opinions des autres et prendre les meilleures décisions que nous pouvons pour notre nation, pas seulement pour un parti quel qu’il soit et je crois que c’est ce qui nous manque», plaide-t-il avec conviction.

Il invoque la lutte aux changements climatiques pour illustrer son propos. «C’est quelque chose sur quoi nous devons tous travailler ensemble et trouver une voie de passage. Ça ne peut pas être oui ou non de chaque parti. Il faut que ce soit quelque chose sur lequel nous pouvons tous travailler ensemble, nous encourager et choisir une direction.»

Sa conclusion, bien que réaliste, n’est toutefois guère encourageante: «Jusqu’ici, je ne vois pas le leadership dont nous avons besoin du centre.»

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