Le Groupe de Lima, réuni à Gatineau, demande de nouvelles élections au Venezuela

GATINEAU, Qc — Le Canada et ses alliés du continent américain ont clôturé la rencontre du Groupe de Lima, jeudi à Gatineau, en appelant le reste du monde démocratique à se joindre à eux pour inciter les Vénézuéliens opprimés à se débarrasser pacifiquement de leur dictateur.

Mais au-delà de cette expression de solidarité et d’un appel clair à la tenue d’un nouveau scrutin présidentiel, équitable et démocratique, les membres du Groupe de Lima n’ont proposé aucune mesure concrète pour apporter de la stabilité à ce pays d’Amérique du Sud, jadis prospère, mais aujourd’hui miné par une crise des réfugiés et un effondrement économique sous la dictature du président Nicolas Maduro.

Le Canada avait déjà accueilli le Groupe de Lima il y a un an et cette réunion avait donné lieu à un appel aux militaires vénézuéliens pour qu’ils accordent leur appui à l’opposition, mais cela ne s’est jamais produit. L’hôte du sommet de Gatineau, le ministre canadien des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, a soutenu qu’il fallait maintenant «redynamiser les efforts». Il a lancé un appel à tous les pays «qui partagent notre désir de voir un retour à la démocratie» au Venezuela.

Le Canada accueillait cette rencontre des ministres des Affaires étrangères et des diplomates de haut niveau du Groupe de Lima, coalition de plus d’une douzaine de pays de l’Amérique, à l’exception des États-Unis, pour tenter précisément de résoudre la crise au Venezuela.

Cette réunion intervient au milieu de pressions renouvelées pour la tenue d’un autre scrutin présidentiel au Venezuela. Le Canada et des dizaines d’autres pays reconnaissent le député de l’opposition Juan Guaido comme chef légitime du Venezuela et considèrent M. Maduro comme un président illégitime qui a volé les dernières élections de son pays en 2018. 

«La solution doit être d’abord et avant tout vénézuélienne, avec le soutien de la communauté internationale, a déclaré jeudi le ministre péruvien des Affaires étrangères, Gustavo Meza-Cuadra. Cela fait partie du message (…) Nous envoyons un message fort d’unité derrière la seule façon de ramener le Venezuela à la démocratie.»

Six millions de réfugiés?

Juan Guaido n’assistait pas à cette réunion du Groupe de Lima au Musée canadien de l’histoire, jeudi, mais il était récemment de passage à Ottawa dans le cadre de sa tournée en Europe et aux États-Unis. Le ministre Champagne a soutenu jeudi que cette tournée internationale avait clairement démontré à quel point le monde soutenait fermement le retour à la démocratie au Venezuela, et il estime que le Groupe de Lima «peut et doit jouer un rôle de premier plan dans cet effort». Le ministre a soutenu que M. Guaido lui avait dit en privé qu’il comptait sur le Groupe de Lima pour lui donner un élan et galvaniser son peuple.

Les Nations unies affirment que six millions de Vénézuéliens auront fui leur pays d’ici la fin de l’année, alors que s’effondrent l’économie, les réseaux de la santé et le système d’éducation. Cet exode a alimenté l’inquiétude chez certains responsables de l’ONU que la migration hors du Venezuela et vers les pays voisins pourrait être irréversible, alors que ces migrants commencent une nouvelle vie ailleurs et que le président Maduro s’accroche au pouvoir. Certains craignent que le Venezuela, un pays riche en pétrole autrefois prospère, ne soit sur le point d’être en faillite.

«Nous sommes extrêmement préoccupés par la situation politique, économique et humanitaire au Venezuela et aussi à l’extérieur, en raison de l’exode important des Vénézuéliens dans la région et ailleurs dans le monde», a déclaré jeudi le ministre péruvien Meza-Cuadra.

Ben Rowswell, qui a été ambassadeur du Canada au Venezuela de 2014 à 2017, estime que l’appel du Groupe de Lima à la communauté internationale a été sage, étant donné le manque de progrès dans ce pays depuis un an. «Ils sont prêts à limiter leurs revendications à un seul enjeu critique: des élections présidentielles et législatives libres et justes», a déclaré M. Rowswell, aujourd’hui président du Conseil international du Canada, un organisme de réflexion.

«Certains pays s’opposent à la transition démocratique et ils ont réussi jusqu’ici à bloquer le consensus international — la Russie en est l’exemple le plus flagrant», a-t-il déclaré.

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