Le juge en chef Richard Wagner verrait d’un bon oeil plus de diversité chez les juges

MONTRÉAL — Le juge en chef de la Cour suprême du Canada, Richard Wagner, accueillerait favorablement une plus grande diversité au sein de la magistrature, parce qu’il juge essentiel que tous les Canadiens se reconnaissent dans le système de justice.

Il n’a toutefois pas voulu discuter plus largement de racisme systémique, bien qu’interrogé à ce sujet à plusieurs reprises lors de la conférence de presse annuelle du plus haut tribunal du pays, tenue jeudi.

M. Wagner a rappelé qu’en tant que juge en chef, son rôle n’est pas de faire des déclarations politiques, mais plutôt de faire appliquer la loi.

Il a toutefois cité des décisions de la Cour suprême, notant que lorsqu’une cause de racisme ou de discrimination est portée devant elle, les magistrats reconnaissent et sanctionnent les violations au droit à l’égalité, notamment enchâssé dans la Charte canadienne des droits et libertés.

Il a ainsi donné en exemple les jugements de la Cour constatant et condamnant le profilage racial et la discrimination systémique contre des détenus autochtones.

«Nous parlons par la voix de nos jugements», a-t-il dit.

Et si la nomination de juges autochtones ou issus de la diversité serait bien accueillie par le juge en chef, il souligne que ce pouvoir de choisir les magistrats ne lui appartient pas — c’est le gouvernement fédéral qui nomme les juges de la Cour suprême, des cours d’appel et des cours supérieures des provinces.

Les gens doivent pouvoir se reconnaître dans le système de justice et ils ne devraient pas se sentir comme des étrangers, a-t-il déclaré.

«Il y a une reconnaissance grandissante du besoin pour nos tribunaux, incluant notre plus haute cour, de refléter la diversité des Canadiens.»

L’expertise et la perspective qu’ils pourraient apporter seraient bienvenues, a-t-il ajouté.

Dans ses remarques introductives, le juge en chef a toutefois abordé lui-même les récentes manifestations contre la discrimination raciale et la violence raciale — qui ont débuté aux États-Unis pour dénoncer la mort d’un homme noir, George Floyd, mais qui ont depuis eu lieu un peu partout dans le monde.

«Il est bon et nécessaire de lutter contre l’injustice quel que soit l’endroit où elle se manifeste ou la forme qu’elle prend», a-t-il dit.

L’effet de la pandémie

Lors de la conférence de presse, M. Wagner a aussi fait remarquer que les tribunaux n’étaient pas prêts pour une crise sanitaire comme celle qui a été causée par la COVID-19.

Alors que les tribunaux étaient déjà aux prises avec de longs délais d’attente, la pandémie a mis sur pause ou retardé bien des procédures et des procès.

M. Wagner estime qu’il est temps d’envisager de nouvelles façons de rendre la justice.

La Cour suprême du Canada a ainsi vécu une première la semaine dernière, soit une audience tenue par visioconférence. Sauf quelques petits accrocs, l’expérience a été un grand succès, juge le magistrat.

Mais il faut aller plus loin, estime-t-il: toutes les options sont sur la table et les innovations vont arriver par l’usage des nouvelles technologies.

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