Le jury doit délibérer vendredi sur l’aptitude de Matthew Raymond à subir un procès

FREDERICTON — L’audience sur l’aptitude de Matthew Raymond, visant à déterminer si l’accusé est apte à subir son procès pour le meurtre au premier degré de deux policiers et deux civils devrait se conclure vendredi. C’est à un jury de trancher la question.

Matthew Raymond est accusé d’avoir tué les policiers de Fredericton Robb Costello et Sara Burns, ainsi que les civils Donnie Robichaud et Bobbie Lee Wright à l’extérieur d’un immeuble à logements dans la partie nord de la ville du Nouveau-Brunswick, le 10 août 2018.

Un jury de quatre hommes et huit femmes a commencé à entendre la preuve mercredi. Ils doivent déterminer si l’homme de 49 ans est en mesure de comprendre les accusations qui pèsent contre lui et s’il peut donner des instructions à son avocat sur la manière dont il veut être défendu.

Jusqu’ici, le jury a entendu le témoignage d’Alex Pate, un stagiaire embauché par la firme où travaille l’avocat de la défense Nathan Gorham.

Ce dernier a également fait entendre à la cour des enregistrements audio de conversations avec l’accusé, en plus de lire le rapport du psychiatre légiste Julian Gojer. Un deuxième psychiatre légiste, le Dr Scott Woodside, de Toronto, a ensuite été appelé à témoigner.

Le Dr Woodside a passé environ dix heures en compagnie de Matthew Raymond en novembre 2018, mars 2019 et septembre 2019.

Le contenu de la preuve et des témoignages présentés en cour fait l’objet d’une ordonnance de non-publication.

À l’extérieur de la salle de cour, le Dr Woodside a déclaré avoir réalisé des milliers d’évaluations d’aptitude et avoir été impliqué dans 100 à 150 affaires portant sur des meurtres.

Sans parler précisément du dossier de Matthew Raymond, il a expliqué qu’une évaluation d’aptitude consiste à poser des questions de base, comme si l’accusé comprend ce qu’on lui reproche et quels sont les plaidoyers possibles.

«On demande quelle est la pire chose qui peut arriver si vous êtes reconnu coupable, c’est-à-dire quelle est la pire sentence possible. On demande aussi qui sont les gens présents dans une salle de cour et en quoi consiste leur travail», a-t-il précisé.

«Si vous déjà vu une seule émission de télévision impliquant un procès, vous avez une assez bonne idée de toutes ces questions, alors il faut véritablement être mal en point pour avoir de la difficulté avec ce genre de questions.»

Plus tôt dans la journée, Me Nathan Gorham avait insisté sur cette étape «excessivement importante» dans le processus judiciaire.

«Dans le droit canadien, chaque fois qu’il y a une possibilité raisonnable de croire qu’une personne peut être inapte, un juge peut ordonner la tenue d’une audience sur l’aptitude. Cela permet de s’assurer que la personne est en mesure de participer à sa défense de manière valable. Alors, il s’agit d’une protection très importante du droit canadien», a-t-il mentionné.

Les avocats des deux camps doivent présenter leur plaidoirie vendredi matin avant que le juge Fred Ferguson de la Cour du Banc de la Reine du Nouveau-Brunswick ne donne ses consignes au jury pour lui permettre de délibérer.