Le lait extrait ne contient pas les mêmes microbes que la tétée, selon une étude

TORONTO — Une nouvelle étude offre des indices sur les raisons pour lesquelles les bébés qui boivent du lait extrait par la mère sont plus à risque d’asthme, d’allergies et d’obésité que ceux qui tètent directement au sein.

Meghan Azad, auteure principale et chercheuse à l’Institut de recherche de l’Hôpital pour enfants du Manitoba, explique que le contenu bactérien varie entre les deux méthodes d’allaitement. Le lait tiré par la mère a ainsi été associé à moins de bactéries buccales, mais à plus de pathogènes potentiels.

Les chercheurs ont examiné de nombreuses raisons possibles pour expliquer ces différences, notamment si la mère avait accouché par voie vaginale ou par césarienne, si elle avait déjà accouché auparavant et si elle présentait un excès de poids. Ils ont aussi tenu compte de l’âge de la mère, de son régime alimentaire et de son appartenance ethnique.

La professeure Azad soutient que le seul facteur qui a été systématiquement associé aux différences dans le profil bactérien du lait était celui de la méthode d’allaitement — si la mère nourrissait le bébé uniquement au sein ou parfois aussi à l’aide d’un tire-lait.

Les résultats ont été publiés mercredi dans la revue scientifique américaine «Cell Host & Microbe».

Mme Azad ne voudrait surtout pas, toutefois, laisser croire que le lait extrait au sein par la mère est mauvais, car elle ne pense pas que ce soit le cas.

«Dans nos autres recherches, nous avons démontré que le lait extrait était certainement mieux (pour le nourrisson) que le lait maternisé, mais qu’il n’était pas comparable à la tétée», ajoute Mme Azad, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur l’origine développementale des maladies chroniques, à l’Université du Manitoba. «Je pense donc que nous avons encore beaucoup de recherches à mener avant de connaître les impacts (de l’allaitement) sur la santé des nourrissons.»

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