Défendre l’Amérique du Nord profite aussi à la sécurité en Europe, dit Justin Trudeau

OTTAWA — Le premier ministre Justin Trudeau veut que les pays alliés d’Europe sachent que le Canada défend l’Amérique du Nord et l’Arctique canadien, ce dont ils profitent eux aussi.

Lors d’un point de presse à Cold Lake, en Alberta, M. Trudeau a rappelé que la collaboration des forces canadiennes avec les États-Unis pour protéger l’Amérique du Nord a des répercussions sur la sécurité en Europe.

Cette conférence de presse survenait au terme d’une visite de deux jours en sol canadien du secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, lors de laquelle M. Trudeau a présenté ce que le Canada fait pour protéger son Arctique.

Cela inclut des promesses d’investir des milliards de dollars dans de nouveaux équipements et capacités militaires, y compris des projets d’achat de nouveaux avions de chasse et de modernisation du système d’alerte vieillissant, NORAD, en Amérique du Nord, avec Washington.

«Le Canada a récemment annoncé des investissements majeurs pour moderniser nos capacités du NORAD, ce qui contribuera à renforcer les flancs nord et ouest de l’OTAN», a soutenu M. Trudeau.

Cette affirmation est intervenue dans le contexte des tensions actuelles avec la Russie après son invasion de l’Ukraine, ainsi que d’une considération croissante pour la sécurité de l’Arctique, la hausse rapide des températures rendant la région plus accessible et sujette aux conflits.

Mais les commentaires du premier ministre Trudeau coïncident également avec le refus persistant du Canada d’augmenter considérablement les dépenses militaires pour atteindre l’objectif de l’OTAN selon lequel tous les membres consacrent 2 % de leur produit intérieur brut à la défense.

Le Canada vante depuis longtemps ses nombreuses contributions aux opérations de l’OTAN à l’étranger comme une meilleure mesure de son engagement envers l’alliance militaire transatlantique, y compris le déploiement de troupes, d’avions de chasse et de navires de guerre en Europe après l’invasion de l’Ukraine.

M. Trudeau a toutefois suggéré que les alliés doivent également reconnaître ce que le Canada fait plus près de chez lui.

«Comprenant que la Russie est une préoccupation croissante pour nous tous, il est opportun pour nous de partager avec le secrétaire général et avec l’OTAN tout ce que le Canada fait par l’intermédiaire du NORAD, mais aussi de manière indépendante pour nous assurer que nous protégeons cette région», a-t-il dit.

«Nous continuerons à diriger la défense de l’Amérique du Nord. Mais en tant que membres de l’OTAN, il est bien sûr parfaitement pertinent d’inviter le secrétaire général (au Canada) et de souligner le travail que nous faisons en tant que membres de l’OTAN pour protéger cette région.»

La tournée de M. Stoltenberg comprenait des rencontres avec des troupes au Nunavut participant au premier exercice d’entraînement dans l’Arctique des Forces armées canadiennes, ainsi que la visite de l’un des sites de radar militaire qui constitue l’épine dorsale de la contribution du Canada au NORAD aujourd’hui.

Construits dans les années 1980 pour détecter une attaque soviétique, les radars sont désormais obsolètes en raison des progrès de la technologie russe des missiles. Les libéraux ont promis près de 5 milliards de dollars sur six ans et 40 milliards de dollars sur 20 ans pour mettre à niveau l’ensemble du système avec les États-Unis.

Le chef de l’OTAN, qui a également visité une station de recherche récemment ouverte dans l’Extrême-Arctique au Nunavut avant de s’envoler pour la base de Cold Lake, qui abrite l’une des deux principales ailes d’avions de chasse du Canada, semblait plus que prêt à accepter le message de Justin Trudeau.

«Ce qui se passe ici n’est pas seulement important pour le Canada, mais aussi pour toute l’alliance», a déclaré M. Stoltenberg.

«Par conséquent, nous saluons vivement ce que le Canada a fait dans cette partie de l’alliance pendant des décennies avec le NORAD, avec les stations radars, avec des capacités de défense, y compris ce que nous voyons ici à la base de Cold Lake.»

Pourtant, en entrevue avec La Presse Canadienne, M. Stoltenberg a continué à faire pression pour que le Canada augmente ses dépenses de défense pour atteindre la barre des 2 % du PIB, ce que tous les membres ont accepté pour la première fois en 2014.

«Le Canada a augmenté ses dépenses de défense, et nous le saluons, a-t-il affirmé. Mais bien sûr, nous attendons des alliés qu’ils fassent plus. C’est donc toujours un enjeu, et il continuera à l’être tant que les alliés ne respecteront pas la ligne directrice de 2 %.»

Le Canada a consacré 1,32% de son PIB à la défense au cours de l’exercice 2021-2022, selon une note d’information préparée pour la ministre de la Défense Anita Anand en juin en prévision de questions sur le sujet à la Chambre des communes.

Non seulement cela a placé le Canada quasiment au dernier rang parmi les 30 membres de l’alliance de l’OTAN, mais la note prévoit que les dépenses atteindront 1,59 % en 2026-2027 , alors que tous les membres sont censés dépenser 2 %.

Le directeur parlementaire du budget a estimé que pour que le Canada atteigne le seuil de 2 %, il lui faudrait dépenser de 13 à 18 milliards $ de plus par année au cours des cinq prochaines années.

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