Le Liban reçoit un mandat d’Interpol contre l’ex-patron de Nissan Carlos Ghosn

BEYROUTH — Le ministre libanais de la Justice a annoncé jeudi que le Liban avait reçu un mandat d’arrêt international d’Interpol contre l’ex-président de Nissan, Carlos Ghosn, quatre jours après qu’il eut fui le Japon pour se rendre au Liban avant un procès prévu pour inconduite financière.

Albert Serhan a déclaré à l’Associated Press en entrevue que la «notice rouge» d’Interpol contre l’ancien titan de l’automobile avait été reçue plus tôt jeudi par les procureurs.

Le procès très attendu de Carlos Ghosn devait commencer en avril. Il est arrivé lundi au Liban, son pays d’origine, via la Turquie, et n’a pas été revu en public depuis. Les autorités ont déclaré qu’il était entré légalement avec un passeport français.

Les «notices rouges» d’Interpol sont des demandes adressées aux forces de l’ordre du monde entier pour qu’elles localisent et arrêtent provisoirement un fugitif recherché.

Le ministre Serhan a indiqué que les autorités libanaises «s’acquitteront de leurs fonctions», suggérant pour la première fois que M. Ghosn pourrait être interpellé pour interrogatoire.

Mais il a ajouté que le Liban et le Japon n’ont pas de traité d’extradition, ce qui exclut la possibilité que Beyrouth renvoie Carlos Ghosn au Japon

Jeudi, les procureurs japonais ont fait une descente dans la maison de M. Ghosn à Tokyo. Les médias japonais ont montré des enquêteurs entrant dans la maison, la troisième résidence occupée par M. Ghosn à Tokyo depuis son arrestation pour la première fois il y a un an. Les autorités ont maintenant fouillé chacune des résidences.

Les procureurs et la police de Tokyo n’ont pas immédiatement commenté. Les bureaux du gouvernement au Japon sont fermés cette semaine pour les vacances du Nouvel An.

On ne sait pas comment Carlos Ghosn a évité la surveillance étroite dont il faisait l’objet au Japon pour ensuite se présenter au Liban.

M. Ghosn a déclaré mardi dans un communiqué qu’il était parti pour le Liban parce qu’il pensait que le système judiciaire japonais était injuste et qu’il voulait éviter «une persécution politique».

Il a ajouté qu’il parlerait aux journalistes la semaine prochaine.