Le LIDAR permet de découvrir les restes d’une ancienne ville maya

CALGARY — L’emploi de la lumière infrarouge a permis à des archéologues de faire fi de la forêt tropicale pour étudier les restes d’une ancienne ville maya près de deux fois plus grande que Vancouver.

Le LIDAR signifie détection et estimation de la distance par le laser. Cette technique consiste à analyser des propriétés d’un faisceau de lumière renvoyé vers son émetteur. Elle ressemble au radar, sauf qu’au lieu des ondes radio, on emploie la lumière. Celle-ci permet de générer des informations précises et tridimensionnelles de la surface terrestre et de ses caractéristiques.

«Ça vient de changer la donne, lance l’archéologue Kathryn Reese-Taylor, de l’Université de Calgary. On peut tenter d’étudier et de cartographier des sites cachés dans la forêt tropicale, mais cela nécessite des années. Le LIDAR peut le réaliser en quelques jours en survolant de grandes régions.»

La Pre Reese-Taylor travaille depuis plusieurs années avec le projet archéologique Bajo Laberinto que mène l’Université de Calgary en collaboration avec l’Institut national d’anthropologie et d’histoire (INAH) du Mexique.

Elle a visité l’ancienne cité maya de Calakmul, dans l’actuel Mexique, avec un collègue, il y a plus d’une décennie.

«Nous avons dû marcher pendant 13 kilomètres pour nous rendre sur place. Nous avons été émerveillés du spectacle qui s’offrait à notre vue: des ruines préservées qui n’avaient pas été ni fouillées ni pillées. Et nous sommes revenus», relate l’archéologue.

«Être là, grimper dans ces structures et admirer le paysage, c’était une expérience formidable. Nous étions peut-être les premières personnes à les visiter depuis plus de 1000 ans. C’est vraiment emballant.»

La Pre Reese-Taylor dit que Calakmul était la nouvelle capitale de la puissante dynastie Kanu’l (ou du serpent) qui a dominé les basses-terres mayas en contrôlant plusieurs royaumes vassaux.

Le LIDAR a permis de se faire une meilleure image de l’établissement urbain et des modifications apportées au site de Calakmul, ajoute-t-elle.

«D’aucuns peuvent penser que ce n’est qu’une grande colline, mais nous savons qu’il y a là un grand temple, par exemple, ou un palais. On peut tout voir ça. Des bâtiments de type résidentiels ont été identifiés dans ce secteur. Certains comptaient jusqu’à 60 logements individuels. Ils étaient regroupés autour de temples, de sanctuaires et, peut-être, de marchés. Calakmul était une des plus grandes cités dans les Amériques des années 700.»

L’archéologue souligne que les chercheurs ont pu établir un lien entre la population urbaine et les transformations d’un lieu physique. Le site est couvert de canaux, de terrasses et de digues.

«Chaque fois que nous employons le LIDAR, c’est comme si nous ouvrons l’un de nos cadeaux de Noël. On ne sait jamais à quoi s’attendre. C’est un cadeau extraordinaire que de voir actuellement ça.»

La Pre Reese-Taylor compte se rendre sur le site en avril, après la session d’hiver. Elle espère y demeurer deux mois jusqu’à la saison des pluies.

La superficie de Calakmul s’étend sur au moins 195 kilomètres carrés.

«C’était vraiment l’une des plus grandes villes des Amériques à cette époque, dit l’archéologue. On pourrait y faire entrer deux fois la ville de Vancouver. Washington, Amsterdam et Bruxelles ont à peu près une superficie équivalente.»

Les premières fouilles ont été modestes, malgré la présence de temples et de palais.

«J’aimerais tant fouiller dans le nouveau temple, vraiment. Mais, je crois qu’à l’heure actuelle, nous devons nous concentrons sur les résidences. Après tout, nous avons déjà des renseignements sur l’histoire des temples et autres bâtiments civiques, mais nous n’avons pas de données sur les gens qui vivaient ici.»

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