Le magnat canadien de la mode Peter Nygard demeure incarcéré pour l’instant

WINNIPEG — Le magnat canadien de la mode Peter Nygard, qui fait l’objet d’accusations aux États-Unis pour avoir utilisé son influence dans le but d’attirer des femmes et des filles à des fins sexuelles, demeurera en prison pour l’instant: l’audience pour sa libération sous caution a été reportée mercredi au 19 janvier.

M. Nygard, âgé de 79 ans, avait été arrêté à Winnipeg en décembre dernier en vertu de la Loi sur l’extradition. Il fait face à neuf chefs d’accusation dans le district sud de New York, notamment pour  trafic sexuel.

Jay Prober, l’avocat de M. Nygard, demande sa libération sous caution, en plaidant qu’il est préoccupé par la santé de son client. Il ajoute que M. Nygard, qui nie toutes les accusations, ne risque pas de disparaître dans la nature. 

Les avocats du procureur général du Canada affirment que M. Nygard a l’habitude de ne pas se présenter au tribunal et qu’il a les moyens de fuir.

L’audience sur la libération sous caution doit se poursuivre le 19 janvier.

Des documents du bureau du procureur américain allèguent que M. Nygard a fréquemment ciblé des femmes et des filles mineures issues de milieux  défavorisés, avec des promesses de mannequinat et d’autres opportunités financières.

Les documents judiciaires allèguent que cette conduite criminelle s’est poursuivie pendant plus de 25 ans et a impliqué des dizaines de femmes aux États-Unis, aux Bahamas et au Canada, entre autres.

L’acte d’accusation américain allègue que M. Nygard a agressé sexuellement de nombreuses femmes et filles, dont certaines avaient entre 14 et 17 ans. On allègue aussi que d’autres femmes ou filles ont été agressées par ses associés, ou droguées pour être agressées sexuellement.

M. Nygard a démissionné de ses fonctions de président de l’entreprise après que le FBI et la police ont fait une perquisition dans ses bureaux de New York, en février.

Il est également visé par une action collective aux États-Unis pour des allégations similaires impliquant 57 femmes, dont 18 Canadiennes. Ces femmes allèguent que M. Nygard a utilisé la violence, l’intimidation, la corruption et les employés de son entreprise pour attirer ses victimes et éviter la justice pendant des décennies.

Cette poursuite a été suspendue en août, pour des motifs qui sont sous scellés. Mais selon des documents du tribunal, cette suspension résulte de la nomination par le gouvernement de trois procureurs fédéraux au dossier – une indication que l’enquête criminelle suit son cours.

Quelques mois plus tard, deux des fils de M. Nygard ont intenté une poursuite distincte contre leur père, affirmant qu’ils avaient été «violés par procuration» alors qu’ils étaient adolescents. Les fils allèguent que M. Nygard a organisé pour ses fils mineurs des relations sexuelles avec une femme.

Par l’intermédiaire de son avocat, M. Nygard a imputé les accusations à une querelle avec son voisin milliardaire aux Bahamas. 

Arrivé avec ses parents de Finlande au Canada en 1942, Peter Nygard a fondé son entreprise de mode à Winnipeg en 1967. La marque Nygard a ensuite été vendue dans les magasins du monde entier.

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