Le maire de Québec Régis Labeaume porte plainte à la police pour menaces

QUÉBEC — Le Service de police de la Ville de Québec enquête sur un individu qui aurait proféré des menaces de mort à l’endroit du maire de Québec, Régis Labeaume.

En point de presse mardi, ce dernier a affirmé que les menaces qu’il a reçues sur Facebook ne sont pas étrangères à la décision de la Ville de boycotter CHOI Radio X. 

«Des insultes d’auditeurs de CHOI, c’est « business as usual », j’en ai à longueur d’année, a-t-il déclaré. Les insultes, on est habitué, les menaces, ça c’est moins drôle.»

Il a reçu jusqu’à présent 3800 messages, dont un plus inquiétant que les autres. «Je ne pense pas qu’il voulait me tuer, mais il espérait que je sois mort», a lancé M. Labeaume d’un rire jaune.

«Écoutez, ça arrive. Il y a toute sorte de monde, d’humeur inégale. Il faut gérer ça, je ne suis pas la seule personne publique à qui ça arrive, mais ce n’est pas agréable, on s’en passerait.»

Se disant «pas peureux de nature» et «bien entouré», le maire Labeaume a préféré tourner le projecteur sur le phénomène de «banalisation» qui gagne du terrain à Québec, selon lui.

Mardi, les autorités ont rapporté 169 nouveaux cas de COVID-19 dans la Capitale-Nationale, qui est à présent considérée comme une «zone rouge».

«On est en train de frapper le mur, a-t-il insisté. Ce message-là de banalisation des mesures sanitaires est en train de percoler dans la population. Ça a marché dans la population!» 

CHOI Radio X est en grande partie responsable, selon M. Labeaume. «Les propriétaires de CHOI ont décidé que leur produit pouvait aller jusqu’à mettre en danger la santé publique à cause du discours de banalisation.»

La décision de boycotter la station a été prise dimanche, puis communiquée lundi, a-t-il relaté, expliquant avoir été particulièrement alarmé d’entendre des gens de son cercle élargi remettre en question les mesures sanitaires.

«Tu sens que vraiment le message marche quand des gens que tu connais disent qu’ils connaissent des gens qui leur ont dit: « Bah, il n’y a pas tant de morts que ça ».  

«La suite de ça, c’est plus de monde potentiellement contaminé et plus de monde mort. C’est pu des farces. Ces propriétaires-là ont permis à leur organisation de faire ça!»

Lien de confiance brisé

L’arrêt des placements publicitaires à Radio X est définitif, a martelé le maire Labeaume, qui parle d’un lien de confiance brisé à tout jamais.

«On sait jusqu’où ils sont prêts à aller pour faire de l’argent, s’est-il insurgé. Si vous me demandez si on va investir encore chez eux, la réponse c’est non.

«Cette organisation-là était d’accord avec ce qui était devenu le produit et là on joue sur la santé. Ça veut dire qu’ils pourraient faire autre chose sur une autre thématique plus tard.»

L’entreprise propriétaire de la station, RNC Média, a rétorqué lundi en disant vouloir continuer d’informer les auditeurs, tout en conservant un sens critique à l’égard de l’actualité.

Elle a rejeté «toute association tendancieuse et fallacieuse avec le mouvement conspirationniste» et déclaré qu’elle étudiait à présent «toutes les options qui s’offrent à elle pour défendre sa réputation».

L’annonce de la Ville a eu un effet boule de neige, incitant d’importants annonceurs, comme Desjardins, Uniprix, Hydro-Québec, Mercedes-Benz et plusieurs autres, à retirer leurs publicités des ondes de Radio X.

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