Le maire de Rio de Janeiro arrêté dans une enquête pour corruption

RIO DE JANEIRO — Le maire sortant de Rio de Janeiro, Marcelo Crivella, a été arrêté mardi relativement à un présumé stratagème de pots-de-vin, un nouveau rebondissement dans les troubles politiques qui affligent la métropole du Brésil.

Selon un communiqué du bureau du procureur de Rio, des documents saisis, des données téléphoniques, des rapports de renseignement financier et des témoignages de collaborateurs «ont révélé l’existence d’une organisation criminelle bien structurée et complexe dirigée par M. Crivella qui agissait au sein de la mairie depuis 2017».

L’évêque évangélique devenu maire doit quitter ses fonctions le 1er janvier après avoir échoué à se faire réélire face à son prédécesseur, Eduardo Paes. Il a été défait malgré le soutien du président Jair Bolsonaro, qui bénéficie d’un large appui des congrégations évangéliques.

M. Crivella, 63 ans, semblait être un dirigeant improbable pour l’emblématique ville libertine, mais il a été porté au pouvoir en 2016 avec la vague conservatrice qui a balayé le pays. Durant son mandat, il s’est fait remarquer pour sa tendance à rompre avec les traditions, notamment en se tenant loin des festivités du célèbre carnaval.

Des policiers sont arrivés au domicile de Marcelo Crivella à 6 h mardi matin, selon des images diffusées à la télévision. En septembre, la police s’était rendue au domicile et au bureau du maire pour recueillir des documents relatifs à l’enquête.

À son arrivée au quartier général de la police de Rio, M. Crivella a déclaré aux journalistes que son arrestation était injuste. Il a affirmé avoir été arrêté parce qu’il était déterminé à lutter contre les intérêts des entreprises et les lobbyistes.

«Je suis le maire qui a le plus combattu la corruption à Rio de Janeiro», a-t-il lancé en entrant dans les bureaux de la police.

Appels d’offres truqués

Des enquêtes menées plus tôt cette année ont montré que M. Crivella entretenait des liens étroits avec Rafael Alves, un homme d’affaires également arrêté mardi.

Les enquêteurs ont allégué que M. Alves avait décidé quelles entreprises remporteraient les contrats et avait promis de les attribuer en échange de paiements. M. Alves n’a jamais occupé de fonction publique, mais son frère était à la tête de l’office du tourisme de la ville et il rencontrait fréquemment M. Crivella.

Les procureurs accusent Marcelo Crivella, Rafael Alves et cinq autres personnes de corruption, de fraude dans les appels d’offres, de détournement de fonds et de blanchiment d’argent, selon le communiqué.

Jorge Felippe, président du conseil municipal de Rio, assumera l’intérim à la mairie pendant la détention de M. Crivella. Le maire suppléant, Fernando MacDowell, a succombé à une crise cardiaque en 2018.

Le maire élu, Eduardo Paes, a écrit sur Twitter qu’il était en contact avec M. Felippe et lui avait demandé de mobiliser les employés municipaux et d’assurer une transition en douceur. Il a appelé les agents de santé de la ville à continuer d’aider la population pendant la pandémie.

Plus tôt en décembre, la moyenne sur sept jours des cas confirmés à Rio a atteint son plus haut niveau depuis juin. Il a depuis diminué, mais le nombre d’hospitalisations dans la ville reste élevé, selon les données officielles.

M. Crivella n’a fait face à aucune allégation de corruption relativement à la réponse de son administration à la pandémie. Mais le gouverneur de Rio, Wilson Witzel, a été suspendu de ses fonctions au mois d’août, lorsque l’un des plus hauts tribunaux brésiliens l’a lié à des irrégularités dans les dépenses de santé pour lutter contre la COVID-19.

Les enquêtes sur la corruption menées ces dernières années ont abouti à l’emprisonnement de cinq des anciens gouverneurs de Rio. L’un d’eux est toujours derrière les barreaux.

– Par Mauricio Savarese And Diarlei Rodrigues, The Associated Press

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