Le mandat du ministre des Transports: faire rembourser les vols annulés

OTTAWA — Le nouveau ministre fédéral des Transports, nommé mardi, a le mandat d’accomplir une chose que son prédécesseur a été incapable de livrer: faire rembourser aux Canadiens leurs vols annulés à cause de la pandémie.

Justin Trudeau a publié les nouvelles lettres de mandat de ses ministres, vendredi. La pandémie de COVID-19 teinte, évidemment, les nouveaux mandats de tous les membres de son cabinet.

Ainsi, il demande à Omar Alghabra, qui a pris le ministère des Transports des mains de Marc Garneau, de «travailler (…) sur des mesures concernant le secteur du transport aérien qui permettent aux Canadiens de se faire rembourser les vols annulés en raison de la pandémie».

Depuis le printemps, l’industrie aérienne réclame une aide particulière pour traverser la crise, tandis que l’opposition et les groupes de défense des consommateurs somment le gouvernement de forcer les compagnies aériennes à rembourser les voyageurs qui n’ont jamais pu décoller.

Les compagnies aériennes maintiennent qu’un crédit suffit.

Le mois dernier, le ministre Garneau qui était encore aux Transports a ordonné à l’Office des transports du Canada (OTC) de renforcer les règles qui obligent les compagnies aériennes à rembourser les passagers pour les vols annulés. Mais ces règles ne se matérialiseraient qu’à l’été prochain et ne feraient rien pour les billets déjà perdus.

Autres mandats

Malgré les hauts cris de Québec, la ministre fédérale de la Santé, Patty Hajdu, doit, à la demande de M. Trudeau, «travailler avec les provinces et les territoires en vue d’établir de nouvelles normes nationales pour les soins de longue durée afin que les aînés bénéficient du meilleur soutien possible».

Le premier ministre François Legault a rappelé à plusieurs reprises que la santé est de compétence exclusivement provinciale et que le Québec ne se soumettrait pas à des normes imposées par Ottawa.

M. Garneau, devenu ministre des Affaires étrangères, se voit confier le mandat de renforcer la relation avec les États-Unis, alors que François-Philippe Champagne, qui détenait ce portefeuille avant lui, ne devait qu’«appuyer» la vice-première ministre dans ce travail.

Chrystia Freeland, qui est aussi ministre des Finances, se fait dire par M. Trudeau de dépenser autant que nécessaire jusqu’à la fin de la crise, tant que ces dépenses demeurent passagères.

«Vous utiliserez tous les moyens nécessaires à court terme pour aider la population et les entreprises pendant la pandémie, et continuerez de soutenir l’économie au moyen de mesures d’urgence jusqu’à ce que l’économie s’améliore, et ce, sans créer de nouvelles dépenses permanentes», peut-on lire dans la lettre adressée à Mme Freeland.

M. Champagne, lui, devenu ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, doit, entre autres, aider l’industrie canadienne à produire localement les objets devenus essentiels depuis le printemps dernier, comme l’équipement de protection individuelle (EPI).

Le ministre de la Justice, David Lametti, doit, pour sa part, tenir compte des «inégalités systémiques».

«En reconnaissance des conséquences disproportionnées sur certains groupes tels que les Autochtones et les Noirs, (vous devez) présenter des mesures législatives et réaliser des investissements pour lutter contre les inégalités systémiques dans le système de justice pénale», lui écrit M. Trudeau.

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