Le mari d’une victime de la tuerie en N.-É. déplore la vente d’autopatrouilles

HALIFAX — Le mari d’une des victimes de la tuerie d’avril en Nouvelle-Écosse déplore la vente de vieilles voitures de police qui sont toujours munies de pièces d’équipement officiel.

Nick Beaton, dont la femme enceinte Kristen a été assassinée lors du massacre des 18 et 19 avril, se disait découragé, jeudi, de voir annoncés sur les marchés en ligne de la Nouvelle-Écosse des autopatrouilles avec des antennes et des réflecteurs sur les pare-chocs arrière.

Le tireur, qui a tué 22 personnes dans son périple meurtrier, avait acheté aux enchères quatre véhicules de police d’occasion. Il a utilisé une de ces autopatrouilles, aux couleurs de la Gendarmerie royale du Canada, lors de sa cavale meurtrière dans cinq localités de la province.

Le tueur avait soigneusement appliqué des décalques et ajouté des clignotants à l’une de ses répliques d’autopatrouilles, ce qui l’a probablement aidé à échapper aux policiers et à quitter la communauté rurale de Portapique, le 18 avril, après avoir assassiné ses 13 premières victimes.

M. Beaton vise notamment un groupe Facebook privé qui annonce actuellement la vente d’un véhicule de police retiré de la circulation, une Ford Taurus 2013 équipée d’antennes, d’autocollants de pare-chocs arrière et d’une barre de poussée. Il cite aussi une autre vente pour un véhicule semblable sur le site Kijiji de la Nouvelle-Écosse.

Le chef de l’opposition, Tim Houston, a soutenu jeudi que les ventes de véhicules de police devraient être réglementées pour que l’on retire tous les insignes, accessoires ou équipements qui pourraient raisonnablement confondre les citoyens. Il présentera un projet de loi en ce sens dès la reprise des travaux à l’Assemblée législative.

M. Beaton, quant à lui, espère que le législateur exigera que l’équipement officiel de la police soit retiré des véhicules offerts à la vente.

Bien que la vente de voitures de police soit autorisée, le Code criminel interdit explicitement d’utiliser ces véhicules dans le but de se faire passer pour un policier. Mais la loi de la Nouvelle-Écosse n’interdit pas explicitement à un citoyen de posséder des pièces comme des barres lumineuses, associées d’emblée aux véhicules de police avec leurs feux rouges clignotants.

Les associations de policiers estiment aussi qu’il serait temps de resserrer les règles à la lumière de la tuerie en Nouvelle-Écosse.

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