Le masque bientôt obligatoire dans le transport collectif, insinue le Dr Arruda

Le port du masque sera bientôt rendu obligatoire dans le transport en commun au Québec, a laissé entendre le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, lundi.

En conférence de presse à Québec, le Dr Arruda a encore une fois déploré un relâchement dans le respect des consignes sanitaires, comme la distanciation physique et le port du couvre-visage. À ce stade-ci de la pandémie de COVID-19, l’oubli est selon lui le «pire danger» qui guette le Québec.

«C’est important de ne pas oublier que ce virus-là existe encore», a-t-il déclaré, en réitérant qu’il s’attend à une deuxième vague de contagion ou du moins, à «des vaguelettes».

«Nous avons tous la responsabilité de nous préparer.»

Pour ce faire, le port du masque obligatoire dans les systèmes de transport collectif est une mesure «très, très fortement évaluée actuellement».

«Je vous invite à écouter les points de presse des prochains jours pour voir ce qu’il en est», a-t-il lâché, vendant pratiquement la mèche.

Une annonce viendra mardi, précise-t-on au cabinet du premier ministre François Legault.

La santé publique et le gouvernement se sont jusqu’à maintenant montrés récalcitrants à l’idée de transformer cette recommandation en une mesure contraignante, notamment par crainte de nourrir une culture de délation. Les contraintes financières qui pourraient empêcher certains citoyens de se procurer l’équipement nécessaire ont également été évoquées.

Selon un sondage de l’Association médicale canadienne publié vendredi dernier, le port du masque semble être la mesure préventive la moins suivie, en particulier par les jeunes.

Seulement 42 % des Québécois questionnés ont affirmé se couvrir le visage de façon régulière dans les lieux publics depuis le début de la crise, dont à peine 27 % des répondants âgés de 18 à 34 ans.

Une «accalmie»

L’heure était également aux bilans dans le cadre de la tournée des régions du Dr Arruda, qui l’a amené à rencontrer les autorités sanitaires de la Capitale-Nationale, lundi.

Tandis que les nombres d’infections, d’hospitalisations et de décès continuent de se stabiliser, il a salué leur modèle d’organisation «très agile», qui saura selon lui se remettre en marche au moindre signe de résurgence du virus.

«Je veux souligner le travail exemplaire des équipes de santé publique. Je leur demande de prendre un peu de respiration et de brèves vacances pour être prêtes à réattaquer, le cas échéant, au cours des prochaines semaines ou mois.»

Le directeur régional de santé publique, François Desbiens, s’est fait l’écho de son collègue en mettant la population en garde contre la présente «accalmie estivale».

«Si on baisse la garde, le virus n’attend que des opportunités de transmission», a-t-il martelé.

Le Dr Desbiens, qui quittera bientôt ses fonctions, a tenu à souligner que la région de la Capitale-Nationale a enregistré 3 % des décès liés à la COVID-19 dans la province, alors qu’elle représente 10 % de la population.

Montréal, l’épicentre québécois de la pandémie, est bien sûr en tête de ce triste palmarès, avec plus de 61 % des 5485 décès signalés à ce jour.

«Informer, informer, informer»

En vue d’une éventuelle deuxième vague de COVID-19, les docteurs Arruda et Desbiens ont tous deux dit miser sur une intensification du dépistage préventif au sein du réseau de la santé.

Questionné sur la réticence de certains travailleurs de la santé à subir ces tests, le Dr Arruda l’a attribuée à un simple manque d’explications.

«Personne n’a le goût d’être malade, personne n’a le goût d’infecter quelqu’un d’autre», a-t-il fait valoir.

Le directeur national de santé publique s’est dit «habitué» aux théories du complot et mouvements anti-vaccin, face auxquels l’information constitue selon lui la meilleure défense.

Il a encouragé la population à s’en tenir à des sites fiables et des sources officielles, et à se méfier de la désinformation, révélant qu’on s’était récemment servi de lui pour vendre des produits amaigrissants.

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