Le mazout lourd, carburant des navires, serait banni graduellement de l’Arctique

OTTAWA — L’Organisation maritime internationale (OMI) accepte d’interdire graduellement l’utilisation dans l’océan Arctique du mazout lourd, un carburant pour navires qui est très polluant.

Lors de la 72e session du Comité de la protection du milieu marin de l’OMI, cette semaine à Londres, l’institution des Nations unies a adopté une résolution qui prévoit l’élimination graduelle de ce carburant pour navires. L’organisme évaluera maintenant les impacts possibles de cette interdiction sur les populations nordiques, et déterminera la meilleure façon de mettre en oeuvre graduellement cette stratégie.

Le Canada était favorable à une réduction graduelle du mazout lourd plutôt qu’à une interdiction totale, le temps d’évaluer tous les impacts d’une telle stratégie. Ottawa plaidait que ce mazout lourd coûte deux fois moins cher que les autres carburants, et que son remplacement pourrait provoquer dans les communautés nordiques une flambée des prix des aliments et des marchandises — qui coûtent déjà très cher dans ces régions.

Un déversement de mazout lourd représente une hantise pour les riverains. Sa combustion est aussi une source importante de particules de suie, des dépôts qui accélèrent la fonte des glaces marines.

Par ailleurs, le gouvernement canadien est favorable à une autre proposition adoptée cette semaine par l’OMI, qui forcerait les transporteurs maritimes à réduire de moitié, d’ici le milieu du siècle, leurs émissions de gaz à effet de serre dans les eaux internationales.

Le Canada s’est montré discret là-dessus cette semaine à Londres. La délégation canadienne a finalement appuyé la proposition de réduire d’ici 2050 les émissions des navires à 50 pour cent de leurs niveaux de 2008, en eaux internationales. Seuls les États-Unis et l’Arabie saoudite ont voté contre cette proposition.

Les émissions de gaz à effet de serre provenant des navires ne sont pas imputées à un pays en particulier — par exemple celui du pavillon. Ces émissions ont aussi été omises dans les accords de Paris sur les changements climatiques, en 2015: l’Organisation maritime internationale s’était engagée à s’occuper elle-même de ce secteur.

L’OMI, créée en 1958, est l’institution spécialisée des Nations unies «chargée d’assurer la sécurité et la sûreté des transports maritimes, et de prévenir la pollution des mers par les navires».

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