L’hygiéniste en chef de l’Ontario «recommande fortement» le masque à l’intérieur

TORONTO — Le médecin hygiéniste en chef de l’Ontario «recommande fortement» le port du masque dans tous les lieux publics intérieurs, dont les écoles et les garderies, mais ne va pas jusqu’à le rendre obligatoire partout pour tous.

Le docteur Kieran Moore a fait cette recommandation lundi dans le cadre d’une mise à jour sur la saison des virus respiratoires pédiatriques, qui ont vu les hôpitaux pour enfants de la province submergés ces dernières semaines par un afflux massif de jeunes enfants très malades.

En recommandant le port du masque, il vise à protéger les enfants de la triple menace que représentent la COVID-19, la grippe saisonnière et le virus respiratoire syncytial.

Pour les mêmes raisons, dimanche, le Collège des médecins du Québec a recommandé à nouveau à la population de porter le masque dans les lieux publics.

Le docteur Moore ne veut pas imposer le port généralisé du masque pour l’instant, bien qu’il «discute et examine» la possibilité de l’exiger à nouveau dans les écoles ontariennes.

M. Moore admet que le port du masque généralisé pourrait contribuer à réduire les infections dans la communauté, mais il souligne que les enfants sont surtout à risque de contracter un virus respiratoire syncytial en milieux sociaux, où il est difficile d’imposer des mesures sanitaires.

«Nous devons vraiment nous concentrer sur les endroits où nous pouvons protéger nos enfants, a-t-il déclaré en conférence de presse lundi matin à Toronto. Ce qui pourrait être pour vous un rhume ordinaire peut entraîner chez un enfant de quatre ans et moins une infection respiratoire grave.»

Or, les adultes peuvent transmettre des virus respiratoires aux enfants — et les jeunes enfants de moins de cinq ans sont les plus vulnérables, a rappelé le docteur Moore. Il recommande que les enfants de deux à cinq ans portent le masque s’ils le peuvent, et que les gens qui côtoient de jeunes enfants en milieux sociaux portent aussi un couvre-visage. De même, les parents qui présentent des symptômes grippaux devraient porter le masque à la maison, pour protéger les petits.

La COVID-19 circule toujours, mais les plus grandes menaces pour les jeunes enfants en ce moment demeurent la grippe et le virus respiratoire syncytial (VRS), a rappelé le docteur Moore. La moitié des enfants aux soins intensifs du centre hospitalier universitaire pédiatrique «SickKids» de Toronto ont la grippe et l’autre moitié ont un VRS, a souligné le médecin hygiéniste en chef.

Certains des plus importants hôpitaux pédiatriques de l’Ontario ont dû reporter des chirurgies jugées non urgentes, afin d’affecter plus de personnel aux urgences et aux soins intensifs, qui débordent dans plusieurs cas.

Le Centre hospitalier pour enfants de l’est de l’Ontario, à Ottawa, a ouvert une deuxième unité de soins intensifs pédiatriques. Au «SickKids» de Toronto, on a aussi annulé les chirurgies non urgentes et les enfants de 14 ans et plus qui ont besoin de soins intensifs sont envoyés chez les adultes.

Afin de gérer cette pression sur le système de santé, le gouvernement ontarien affirme que des experts se réunissent quotidiennement et que les services d’urgence sont chargés de planifier un «afflux extrême».

En Alberta, la première ministre Danielle Smith a réagi à la recommandation de l’Ontario en déclarant qu’il n’était pas question d’imposer le masque dans sa province.

«Je crois qu’il est important de ne pas créer une réaction démesurée ou un état de panique, a-t-elle répondu aux journalistes à Sherwood Park, en Alberta. Toute personne qui se sent confortable de porter un masque devrait le faire. Cela devrait demeurer un choix personnel.»

«Mais nous n’imposerons pas le port du masque. Nous avons clairement entendu les parents qui veulent un environnement scolaire normal pour leurs enfants et nous allons laisser les enfants être des enfants», a poursuivi Mme Smith.

Les écoles de l’Alberta enregistrent des taux d’absentéisme très élevés en raison d’une vague de cas d’enfants malades. Les hôpitaux pour enfants de Calgary et d’Edmonton font état de nombreux jeunes patients, dont certains cas graves.

En Saskatchewan, le ministre de la Santé, Paul Merriman, a déclaré que la grippe saisonnière et le virus respiratoire syncytial font plus de ravages dans la communauté que la COVID-19 actuellement. Il dit toutefois ne pas avoir discuté avec le médecin-hygiéniste en chef de la possibilité d’imposer le port du masque.

«Je ne crois pas que ce soit nécessaire d’exiger le port du masque. Je crois que chacun peut prendre la décision de le porter ou non.»

D’après des données du gouvernement fédéral pour la semaine s’étant terminée le 5 novembre, on observe des niveaux de cas d’influenza et de virus respiratoire syncytial plus élevés qu’attendu à ce moment-ci ce l’année.

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