Le Meilleur sommelier du Québec a le titre canadien en ligne de mire

Pier-Alexis Soulière, sacré cette semaine Meilleur sommelier du Québec, a repris le travail en Californie, dans un restaurant étoilé du guide Michelin.

Joint par La Presse canadienne à son retour du marché, samedi matin, le jeune homme originaire de Plessisville a dit déjà se préparer à la prochaine compétition, à l’échelle canadienne cette fois. L’étape suivante serait le Concours Meilleur Sommeliers des Amériques, prévu à Montréal en 2018.

Mercredi, c’est au concours du chapitre québécois de l’Association canadienne des sommeliers professionnels qu’il s’est classé premier. Pour l’occasion, le Cabaret du Casino de Montréal est devenu le théâtre de dégustations à l’aveugle, d’un examen écrit sur l’histoire et la géographie du vin, de même que d’une épreuve de service de champagne, de cocktails et bien sûr, de vin rouge.

«Il faut avoir un petit peu le vent dans le dos cette journée-là, a souligné Pier-Alexis Soulière. On fait ça tous les jours pour gagner notre vie: ce qui est compliqué, c’est de le faire sous pression, devant public. Il faut être au sommet de sa forme.»

Il dit d’ailleurs avoir redoublé de prudence dans les semaines avant la compétition provinciale, surveillant tout particulièrement son alimentation et sa consommation d’eau.

Après en avoir raté les concours précédents en raison de sa carrière qui l’avait amené à Londres, à Sydney et à New York, les planètes étaient cette fois alignées, a-t-il exposé.

«La voie (des concours), c’est une voie dans laquelle j’avais envie de m’engager, mais c’est très personnel», a-t-il nuancé, admettant toutefois que de telles victoires lui apportent une certaine visibilité.

Bien que l’exil ne soit pas nécessaire dans ce métier, selon lui, il remarque que ses expériences au Royaume-Uni, en Australie et aux États-Unis lui ont permis de côtoyer bon nombre de «Master Sommelier» — titre prestigieux qu’il a lui-même décroché l’an dernier, devenant le second «MS» québécois après Élyse Lambert.

«Si ça ne fonctionne pas, ça ne fonctionne pas»

Avec dix ans de métier à l’âge de seulement 29 ans, Pier-Alexis Soulière se réjouit d’être tombé rapidement dans la marmite.

«Ma mère était très avant-gardiste par rapport à ce qu’on mangeait. C’était très important de prendre le temps de s’asseoir à table, de manger, de discuter, d’échanger. C’était un plaisir renouvelable qui arrivait trois fois par jour», raconte-t-il.

Puis, au cégep, un de ses enseignants l’a encouragé à faire le saut en sommellerie, lui disant «si ça ne fonctionne pas, ça ne fonctionne pas». Ça n’a pas été le cas.

Il a décroché son diplôme de l’École hôtelière de la Capitale, puis de l’ITHQ ,avant de s’envoler vers l’Université du Vin à Suze-la-Rousse, en France.

En 2011, à son arrivée au restaurant londonien Dinner by Heston Blumenthal, le chef sommelier João Pires, qu’il considère aujourd’hui comme son mentor, l’a immédiatement pris sous son aile.

Trois ans plus tard, il est sorti vainqueur du Concours International Jeunes Sommeliers, au Danemark.

«Je n’avais jamais pensé que ça pourrait m’arriver. C’est une question d’être au bon endroit avec les bonnes personnes, soutient-il. Le travail amène le succès.»

Aujourd’hui, près d’un an après son embauche à la Manresa, à Los Gatos, en Californie, il n’écarte pas l’idée de revenir au Québec, où sont ses «racines».

Ce qui ne fait «aucun doute», c’est qu’il compte arriver «en très bonne forme» à Vancouver, au mois de septembre, pour se frotter à ses pairs canadiens, a-t-il promis.

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