Le Mexique a trahi le Canada, a accusé un parlementaire canadien

OTTAWA — Le Canada éprouve encore un certain ressentiment envers le Mexique, lui reprochant d’avoir conclu l’été dernier une entente commerciale avec les États-Unis pendant les négociations visant à renouveler l’ALÉNA.

Il y a deux semaines, le chef d’une délégation parlementaire canadienne a dit au ministre mexicain des Affaires étrangères que son pays avait «trahi» le Canada en août.

«Lors de notre dernière réunion à Mexico avec le ministre des Affaires étrangères [Marcelo Ebrard], nous avions exprimé très clairement notre frustration de voir le Mexique s’éloigner en quelque sorte de l’accord trilatéral», a reconnu le député libéral Bob Nault.

Au cours d’une entrevue, le député de Kenora a dit s’être préoccupé par «la façon dont les choses s’étaient déroulées à la fin» et par la perception que le «Canada avait été trahi par le Mexique». Pour lui, l’accord entre le Mexique et les États-Unis représentait une rupture de ce qui était considéré comme une stratégie commune: le Mexique et le Canada doivent demeurer proches l’un de l’autre pour obtenir une bonne entente et éviter d’être écrasés par les États-Unis.

Une haute responsable du commerce mexicain a dit à La Presse canadienne que s’il existait un malaise entre le Canada et le Mexique, la faute en revenait au gouvernement mexicain précédent. Selon elle, les relations entre les nouveaux dirigeants du pays et le Canada progressent de manière constructive.

«Cela a fait partie du processus de négociation (…) pour le moment, c’est réglé, a déclaré Luz Maria de la Mora. L’ancien gouvernement mexicain était responsable. Mais au bout du compte, cette décision a peut-être aidé les négociations.»

L’accord parallèle entre les États-Unis et le Mexique a semblé prendre le gouvernement Trudeau au dépourvu. La ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland a dû annuler un voyage officiel dans trois pays européens.

Les négociateurs canadiens et américains ont fini par conclure une entente de la 11e heure, deux mois plus tard. Le 30 novembre, le premier ministre Justin Trudeau, le président américain Donald Trump et l’ancien président du Mexique, qui cédait le pouvoir à son successeur le lendemain, ont signé cet accord.

Cet accord doit maintenant être ratifié par les assemblées législatives des trois pays, mais avec l’agitation qui règne à Washington et la fenêtre politique qui se ferme lentement à Ottawa en raison des élections fédérales prévues à l’automne, c’est loin d’être certain.

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