Le milieu touristique demande qu’on cesse d’exiger un test PCR aux voyageurs vaccinés

Le milieu touristique de la région de Québec réclame d’Ottawa qu’il cesse d’exiger un test PCR aux voyageurs étrangers qui sont doublement vaccinés.

En conférence de presse, mercredi au Château Frontenac, les représentants du milieu de l’hôtellerie, du tourisme international, des croisières et du tournoi pee-wee ont lancé un appel pressant aux autorités fédérales.

«La meilleure façon de procéder est d’éliminer les mesures inutiles et redondantes», a déclaré Marjolaine de Sa, directrice générale de l’Association hôtelière de la région de Québec, qui en a rajouté un peu plus loin: «Les règles de voyage irrationnelles, discriminatoires et non fondées sur des données scientifiques du Canada constituent l’un des principaux obstacles» à la reprise de l’industrie. 

«Je me joins à mes collègues de l’industrie du voyage et du tourisme de Québec pour demander au gouvernement de prendre des mesures de toute urgence et d’éliminer complètement l’exigence des tests de dépistage, les fameux PCR pour les voyageurs entièrement vaccinés qui entrent au Canada.»

Selon eux, l’exigence d’un test PCR disqualifie le Canada dans les décisions de voyage des touristes étrangers, d’autant plus que les coûts pour obtenir un tel test peuvent aller jusqu’à 250 euros (355 $ CAN) dans certains pays, alors que de nombreux autres pays n’exigent qu’une preuve de double vaccination sans demander de test de dépistage.

«Les gens choisissent une autre destination en ce moment. Les gens ne viennent pas au Québec, ne viennent pas au Canada», a déclaré Luzanda Rada, présidente et directrice générale de Global Tourisme, une entreprise qui organise des voyages au Québec pour des touristes étrangers.

«Tous les efforts qui nous avaient mis sur la ‘mappe’ mondiale comme étant une des premières destinations mondiales, c’est ça aussi qu’on est en train de perdre», a-t-elle plaidé.

Ils notent au passage que le fait de cesser d’exiger un test PCR pour les voyageurs canadiens qui se rendent aux États-Unis pour moins de 72 heures encourage les Canadiens à se rendre aux États-Unis, mais freine toujours l’entrée des Américains au Canada, ce qui nuit encore davantage à l’industrie touristique d’ici: «Dans les faits, on encourage les voyages seulement dans un sens», a déploré Mme de Sa.

Du côté du tournoi pee-wee, celui-ci prévoit accueillir une trentaine d’équipes des États-Unis comparativement à 50 habituellement et moins de 15 équipes d’Europe et d’Asie comparativement à 30 en temps normal. Son directeur général, Patrick Dom, a expliqué que le coût et la logistique entourant l’obtention d’un test PCR en a découragé plusieurs. De plus, les familles, qui accompagnent souvent les joueurs en temps normal, se feront beaucoup moins nombreuses pour le tournoi 2022, qui se déroulera du 9 au 20 février prochain.

«Les Suisses venaient avec des groupes de 70-80 personnes par équipe. Aujourd’hui, c’est le monsieur qui descend avec son petit gars pour jouer au hockey et la maman et la petite soeur restent en Suisse parce que ça coûte trop cher», a-t-il raconté.

Donnant l’exemple d’une liste de pays où les coûts de tests varient de 150 à 250 euros, Patrick Dom a énoncé l’évidence: «Pour quatre personnes, à une moyenne de 150 euros, ça fait 600 euros, c’est pas loin de 1000$ uniquement en tests PCR.»

Les intervenants soulignent que le taux d’occupation normal des hôtels se situe entre 80 % et 95 % en décembre, 50 % en janvier et 75 % à 80 % en février. Ces taux sont en baisse de 30 % selon les réservations reçues. Encore là, on souligne que l’apport des Québécois et des Canadiens permet de maintenir une certaine activité, mais ne suffit pas à combler le manque à gagner, d’autant plus qu’ils restent moins longtemps que les étrangers et, de ce fait, dépensent beaucoup moins.

Ils rappellent qu’au Québec, l’industrie touristique représente 400 000 emplois dans quelque 30 000 entreprises partout à travers la province, l’écrasante majorité d’entre elles étant des PME.

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