Le ministre André Lamontagne fait confiance à l’Ordre des agronomes

QUÉBEC — Le ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, fait confiance à l’Ordre des agronomes (OAQ) pour régler la dernière controverse qui touche ses membres.

Un bilan d’inspections révèle que des non-conformités ont été relevées chez 14 agronomes sur 36. L’OAQ dit prendre ces résultats au sérieux, mais ajoute qu’il y a déjà eu des précédents en matière de non-conformité. 

«On ne s’en lave pas les mains»

En mêlée de presse mercredi matin avant de se rendre à la séance du conseil des ministres, André Lamontagne s’est défendu de s’en laver les mains, mais a dit que cet enjeu relevait de l’ordre professionnel. Il a toutefois indiqué que c’était certainement préoccupant.

«On ne s’en lave pas les mains, je peux exprimer mes préoccupations comme vous. Toutefois, le travail des agronomes ne relève pas du ministère de l’Agriculture, mais de l’Ordre des agronomes.»

De son côté, l’OAQ a assuré ne pas vouloir «dédramatiser» cette affaire, mais a rappelé que des non-conformités avaient aussi déjà été relevées autrefois, lors de changements dans des programmes de fertilisation par exemple.

Enquêtes prises au sérieux

«Toutes ces enquêtes-là sont prises très sérieusement», a affirmé le président de l’OAQ, Michel Duval, dans un entretien téléphonique.

Il est prématuré de vouloir condamner les agronomes pris en défaut, a-t-il ajouté cependant. Le processus d’enquête suivra son cours en vertu des règles des ordres professionnels pour déterminer la gravité du manquement, a expliqué M. Duval.

Dans les cas plus sérieux, un expert sera appelé à déterminer s’il s’agit d’un problème déontologique, qui sera alors acheminé au syndic pour enquête, ou d’un problème de compétence, pouvant mener à des formations obligatoires, etc.

«La santé des Québécois n’est pas en danger», a insisté M. Duval.

Rappelons que l’Ordre des agronomes a été régulièrement sur la sellette depuis janvier, lorsqu’un de ses membres, Louis Robert, a été congédié par le ministère de l’Agriculture pour avoir dénoncé l’ingérence de l’industrie dans la recherche sur les pesticides. Il a été réintégré dans ses fonctions depuis.

Interpellé concernant des allégations de conflits d’intérêts, l’OAQ s’est engagé à resserrer les règles avec des directives plus strictes concernant la rémunération des agronomes pour empêcher le versement des bonis par des grands producteurs de pesticides pour encourager des ventes.

L’Union des producteurs agricoles (UPA) a dénoncé l’OAQ, qui a à son tour dénoncé l’UPA.

Une commission parlementaire a amorcé le printemps dernier des audiences sur les effets des pesticides, qu’elle poursuivra l’automne prochain.

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