Le ministre de la Défense appelle l’Iran et les États-Unis à la retenue

OTTAWA — Le ministre canadien de la Défense appelle les parties à un peu de retenue dans les tensions irano-américaines, alors qu’une escalade verbale entre la Maison-Blanche et Téhéran menace de se transformer en conflit armé.

Un tel conflit pourrait facilement toucher l’Irak et enflammer la région, où sont déployés environ 850 soldats canadiens dans le cadre de la lutte internationale contre Daech (le groupe armé État islamique).

«Ce que nous aimerions voir, c’est une désescalade de la situation, pour ramener une conversation belliqueuse vers la sphère diplomatique», a déclaré Harjit Sajjan dans une entrevue accordée jeudi à La Presse canadienne depuis Bruxelles, où il a mis un terme à deux jours de réunions avec ses homologues de l’Alliance atlantique (OTAN).

Le différend irano-américain porte sur la décision du président Donald Trump de se retirer d’un accord signé avec Téhéran par son prédécesseur, Barack Obama, qui limite le programme nucléaire iranien en échange de la levée des sanctions commerciales.

Depuis ce retrait annoncé, l’Iran est accusé d’avoir attaqué plusieurs pétroliers dans le golfe d’Oman et s’apprête à stocker plus d’uranium que ce qui était prévu dans l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien, signé il y a quatre ans. Les États-Unis ont imposé de nouvelles sanctions contre l’Iran et lancé une cyberattaque contre une milice.

La tension a encore monté d’un cran, la semaine dernière, lorsque l’Iran a abattu un drone militaire américain. Le président Trump a soutenu qu’il avait failli ordonner des frappes de représailles contre le pays, mais qu’il s’était retenu lorsque ses conseillers l’ont prévenu que 150 Iraniens seraient tués.

Ottawa a annoncé cette semaine que le Canada dirigerait une mission de formation de l’OTAN en Irak jusqu’en novembre 2020. Cette mission implique 250 membres des Forces canadiennes qui travaillent avec les forces de sécurité irakiennes. Le Canada compte 600 autres soldats en Irak et dans la région, dont des soldats des forces spéciales, du personnel médical et des équipages d’hélicoptères dans le pays, des équipages de transport aérien au Koweït et davantage d’instructeurs au Liban et en Jordanie.

Ces soldats doivent rester dans la région jusqu’en mars 2021. Bien que le ministre Sajjan ait exprimé sa confiance concernant la sécurité du personnel militaire canadien dans la région, il admet que «du côté militaire, nous surveillerons de près les événements pour assurer la sécurité de nos gens».

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