Le ministre de l’Éducation du N.-B. menacé par des militants anti-vaccination

FREDERICTON — Le ministre de l’Éducation du Nouveau-Brunswick, Dominic Cardy, balaie les menaces qu’il dit avoir reçues en réaction à ses démarches visant à rendre la vaccination obligatoire pour tous les enfants de la province.

Il assure ne pas s’en faire avec ces menaces adressées par courriel et sur les réseaux sociaux, à sa famille et lui-même, par de soi-disant militants anti-vaccination.

«Je crois que c’est le genre de choses qui arrivent de nos jours… Les gens disent des choses qu’ils ne diraient jamais en public, en personne, a commenté M. Cardy en entrevue mardi. Je suis assez content d’avoir ce genre de débat. Ça ne me dérange pas vraiment.»

À la suite d’une éclosion de rougeole au Nouveau-Brunswick, l’an dernier, Dominic Cardy a déposé un projet de loi visant à rendre la vaccination obligatoire pour tous les enfants qui fréquentent une école ou une garderie, à moins d’une exemption médicale.

Le projet de loi fait appel à la disposition de dérogation de la Charte canadienne des droits et libertés de la personne afin d’empêcher quiconque de contester l’éventuelle loi. Le ministre est cependant ouvert à la possibilité de retirer cette clause en cas d’opposition majeure de la population.

Selon M. Cardy, l’adoption d’une telle loi par le Nouveau-Brunswick serait tout à fait en accord avec ce qui s’est fait ailleurs dans le monde, dont en Allemagne, où une vaste opération de vaccination sera lancée en mars pour immuniser tous les enfants et les employés des écoles, des garderies et des centres médicaux et communautaires.

La loi néo-brunswickoise obligerait tous les enfants inscrits dans des écoles publiques ou des garderies autorisées à détenir une preuve de vaccination ou d’une exemption médicale.

Trois jours d’audiences publiques ont permis d’entendre des opposants de partout au Canada et même des États-Unis. Dominic Cardy affirme avoir depuis reçu un flot continu de commentaires et de menaces.

«Des gens s’en sont pris à ma soeur parce qu’elle est médecin de famille et d’autres s’en sont pris à moi en disant espérer que je sois piqué dans les yeux. D’autres ont prévenu que je devrais être prudent quand je rentre chez moi à pied et des choses du genre. Il y a eu des menaces voilées et des menaces directes comme « j’espère que tu vas mourir d’une maladie liée à la vaccination »», a-t-il révélé.

Le politicien dit n’avoir déposé aucune plainte auprès des autorités policières.

Le projet de loi devrait passer en dernière lecture ce printemps en vue d’être adopté à temps pour entrer en vigueur à la rentrée scolaire 2021. Cela donnerait un an aux autorités de santé publique pour établir un registre de vaccination.

Les plus populaires