Le ministre des Transports Marc Garneau n’a pas pris d’engagement à Lac-Mégantic

Le passage du ministre fédéral des Transports à Lac-Mégantic a laissé les citoyens inquiets et exaspérés: ils voulaient voir des gestes concrets, mais Marc Garneau est venu les mains vides, rapporte la Coalition des citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire.

Son porte-parole, Robert Bellefleur, était l’un des quelque 200 citoyens qui se sont déplacés mardi soir pour la réunion publique avec le ministre, son équipe de Transports Canada et le président de l’entreprise ferroviaire qui possède le chemin de fer qui traverse Lac-Mégantic.

La Coalition a d’abord eu sa rencontre privée avec le ministre, auquel elle avait déjà présenté ses demandes lors d’une rencontre à son bureau le 14 mars dernier. M. Bellefleur rapporte que M. Garneau a montré une certaine «ouverture» à accélérer le processus de réalisation de la voie de contournement à l’extérieur de la ville — une priorité pour Lac-Mégantic — mais qu’il n’a pris aucun engagement à cet égard.

M. Bellefleur rappelle que le premier ministre Justin Trudeau, à l’époque où il n’était que simple député, avait assisté le 27 juillet 2013 à la messe commémorative en mémoire des 47 victimes de la tragédie ferroviaire et signé à ce moment la pétition réclamant une voie de contournement.

Il espère que M. Trudeau se souviendra de son appui.

En ce qui a trait à la demande de la Coalition pour que soient réparés les rails actuels, ce fut un refus: le ministre soutient que le chemin de fer est sécuritaire et que l’état des rails respecte les normes, même si les citoyens ont fait valoir qu’ils étaient complètement usés et à la limite des normes, rapporte-t-il.

«Nous, on ne se sent pas en sécurité à Lac-Mégantic», a dit M. Bellefleur.

Il déplore que le ministre donne encore toute la latitude aux entreprises ferroviaires de déterminer ce qui doit être réparé ou pas, et quand le faire, plutôt que d’imposer la réglementation.

«Il n’y a pas de volonté politique», lance-t-il, qualifiant la réunion de mardi soir «d’opération de relations publiques».

«Il ne donne pas l’image d’un ministre qui a l’intention d’améliorer la sécurité ferroviaire au pays», ajoute-t-il à propos de Marc Garneau.

Le porte-parole de la Coalition rapporte que plusieurs citoyens sont allés au micro lors de la réunion publique pour dénoncer notamment le transport de produits dangereux à travers leur ville et le triage fait à Nantes, en amont de leur ville et au point le plus élevé de la pente qui a été dévalée par le train à grande vitesse avant de dérailler, le 6 juillet 2013.

Les citoyens sont toujours inquiets, dit-il. Le ministre a tenté de les rassurer sur la sécurité de la voie ferroviaire qui passe chez eux, mais cela n’a pas fonctionné car les gens ont vu l’état des rails, dit-il.

Les citoyens vont pouvoir rencontrer la semaine prochaine les membres du comité parlementaire des Communes sur les transports pour discuter de la situation. Les députés siégeant au comité pourront ensuite questionner au parlement le ministre des Transports ou même le premier ministre, s’ils le jugent opportun.

La ville de Lac-Mégantic a été marquée par le déraillement d’un train de pétrole brut en juillet 2013, qui a coûté la vie à 47 personnes et détruit le centre-ville de la petite municipalité de l’Estrie.