Le ministre français de la Défense se rend en Ukraine pour renforcer son soutien

KYIV, Ukraine — Le ministre français de la Défense est arrivé mercredi à Kyiv pour discuter d’un soutien militaire supplémentaire à l’Ukraine, insistant sur le fait que l’appui du gouvernement français est indéfectible alors que des efforts sont déployés pour parvenir à une éventuelle fin négociée de l’invasion russe.

Le ministre français des Armées, Sébastien Lecornu, s’est rendu dans la capitale ukrainienne après un voyage en Pologne, où il a annoncé mardi un accord portant sur la vente aux Polonais de deux satellites militaires de fabrication française.

À Kyiv, M. Lecornu a déposé une gerbe de fleurs au mur des Héros pour rendre hommage aux Ukrainiens morts en défendant leur pays contre l’invasion russe. Il devait rencontrer le président Volodymyr Zelensky, le ministre ukrainien de la Défense Oleksiy Reznikov et des responsables de l’armée.

Alors que la France s’est moins prononcée sur son soutien militaire aux Ukrainiens que les États-Unis et la Grande-Bretagne, l’Hexagone a envoyé un approvisionnement régulier en armes à l’Ukraine depuis l’invasion de la Russie le 24 février.

La France a également accueilli deux conférences sur l’aide à l’Ukraine ce mois-ci. Mais beaucoup en Ukraine restent critiques à l’égard de la réponse du gouvernement français à la guerre en raison des efforts du président Emmanuel Macron pour maintenir le contact avec le président russe Vladimir Poutine ainsi que pour rechercher une solution négociée.

«Notre soutien à l’Ukraine est continu depuis le début de la guerre», a écrit sur Twitter le ministre Lecornu avant son voyage.

On ne savait pas immédiatement quels accords concrets pourraient découler de la visite du politicien français à Kyiv. Il est venu en Ukraine une semaine après la visite de M. Zelensky aux États-Unis, le principal allié de l’Ukraine. 

La France a fourni à l’Ukraine une partie substantielle de son arsenal de canons Caesar, ainsi que des missiles antichars, des batteries de missiles de défense aérienne Crotale et des lance-roquettes. Elle entraîne également quelque 2 000 soldats ukrainiens sur le sol français. Le président Macron s’est engagé la semaine dernière à fournir une nouvelle injection d’armes début 2023.

L’aide militaire occidentale à l’Ukraine a provoqué la colère de Moscou. Mardi, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a accusé Washington et l’OTAN d’alimenter la guerre dans le but d’affaiblir la Russie et a averti que le conflit pourrait devenir incontrôlable.

À ce stade-ci, les combats se concentrent principalement dans l’est du pays, mais ni Moscou ni Kyiv n’ont signalé de gains majeurs ces dernières semaines.

Alors que la Russie et l’Ukraine ont affirmé être disposés à participer aux pourparlers de paix, leurs conditions déclarées restent très éloignées. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a réitéré mercredi que tout plan de paix doit reconnaître quatre régions de l’Ukraine que la Russie a illégalement annexées comme territoire russe, une demande que Kyiv rejette catégoriquement.

«Point culminant» à Bakhmut

Les forces russes ont poursuivi leur offensive pour s’emparer de tout l’est de l’Ukraine en se concentrant ces dernières semaines sur Bakhmut, une ville de la province de Donetsk. Les forces ukrainiennes poussaient une contre-offensive vers Kreminna, une ville de la province voisine de Louhansk, dans l’espoir de récupérer la région et de diviser potentiellement les troupes russes à l’est.

L’Institut pour l’étude de la guerre, un groupe de réflexion de Washington, a exposé dans son analyse publiée tôt mercredi que les efforts russes pour prendre Bakhmut pourraient se rapprocher d’un «point culminant» en raison des pertes au combat et de la dégradation de l’équipement.

Les avancées russes diminueront probablement «si les forces russes continuent d’avancer, à moins que de nouveaux renforts importants et des fournitures d’obus d’artillerie n’arrivent bientôt», selon l’analyse.

Le dernier bombardement russe a blessé au moins huit civils, dont trois à Bakhmut, a indiqué le gouverneur de la région de Donetsk, Pavlo Kyrylenko.

Au sud du pays, dans la région de Kherson, des bombardements russes ont frappé une maternité peu après que deux femmes y aient accouché. Des responsables ukrainiens ont mentionné que personne n’y avait été blessé. Le gouverneur régional Yaroslav Yanyshevych a déclaré que les bombardements avaient également endommagé des immeubles résidentiels, une garderie et une boulangerie.

Le bureau du président Zelensky a rapporté plus tard que le bombardement d’un village riverain de la région avait blessé trois civils, dont un jeune de 14 ans.

La guerre a tué des dizaines de milliers de personnes et en a déplacé des millions jusqu’à présent. 

Les attaques russes contre les centrales électriques et autres infrastructures ont laissé des millions d’Ukrainiens sans chauffage ni électricité pendant des heures ou des jours d’affilée.

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