Boulet hérite de l’immigration et ferme la porte aux demandes des milieux d’affaires

QUÉBEC — Promu titulaire de l’Immigration mercredi, le ministre Jean Boulet a tout de suite fermé la porte à la demande répétée des milieux d’affaires de hausser les seuils d’immigration.   

M. Boulet a pris du galon en héritant de façon permanente du dossier de l’Immigration, en raison des ennuis de santé de sa collègue Nadine Girault. À la recommandation de son médecin, elle doit alléger ses tâches jusqu’à la fin de son mandat. 

François Legault a donc dû rendre visite au lieutenant-gouverneur en fin de matinée, afin de redistribuer officiellement les fonctions dans son cabinet. L’immigration en est ainsi à son troisième ministre en trois ans, après Simon Jolin-Barrette et Mme Girault.

Déjà titulaire de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet dit qu’il voit une «connexité» avec l’Immigration, pour «répondre de façon plus globale aux besoins du marché du travail du Québec».

Toutefois, «pas question» de hausser les seuils d’immigration établis pour la période 2020-2022. 

«Les seuils ont été établis après des consultations», a plaidé M. Boulet en conférence de presse après sa nomination, dans le hall de l’Assemblée. 

«Le milieu des affaires comprend bien la réalité et les problématiques d’intégration au Québec», a-t-il ajouté.

Il a souligné qu’il faut déterminer les seuils en fonction de la capacité d’intégration et de francisation du Québec.

Le nombre a été fixé entre 49 500 et 52 500 personnes admises en 2022 et «ces seuils-là répondent à nos besoins», a insisté le ministre.

«On doit s’assurer de bien intégrer ces personnes-là, puis ça passe par le français, par les régions, et c’est la manière d’augmenter le taux de rétention et de bien répondre aux besoins du marché.» 

Retards «inadmissibles»

L’immigration est une compétence partagée entre le Québec et Ottawa et M. Boulet a déjà un entretien prévu avec son homologue Sean Fraser. 

Québec se plaint depuis déjà longtemps sur les délais de traitement des demandes d’admission au fédéral. 

«Les délais d’admission pour les personnes qui sont ici, qui ont une certification de sélection du Québec, qui parlent français, qui travaillent au Québec, sont inadmissibles et ça, Ottawa doit non seulement le reconnaître, mais s’assurer d’avoir un plan d’action pour régler ça le plus rapidement possible.»

Enfin, un autre portefeuille de Mme Girault, les Relations internationales, a par ailleurs été confié de façon temporaire à la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault.  

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