ALÉNA: le ministre Marc Garneau revient de Washington les mains vides

WASHINGTON – De retour d’un bref séjour dans la capitale américaine, le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, n’en sait pas plus que ses collègues fédéraux sur les intentions de l’administration Trump au sujet de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA).

Durant sa visite de deux jours à Washington, M. Garneau a rencontré cinq parlementaires et la secrétaire américaine aux Transports Elaine Cho. Après ces réunions, il ne sait toujours pas ce que les États-Unis comptent faire au sujet des relations commerciales entre les deux pays.

La Maison-Blanche doit envoyer un avis de 90 jours au Congrès avant d’entreprendre de nouvelles négociations commerciales. Le président Donald Trump doit notamment consulter les élus sur les enjeux de la négociation.

Des membres du Congrès ont dit à La Presse canadienne qu’ils ignoraient toujours les intentions de l’administration Trump à ce sujet.

«Tout le monde attend que (l’avis) soit déposé. Il ne l’a pas encore été, a déclaré le ministre canadien qui préside le comité ministériel sur les relations canado-américaines. Le contenu (des négociations à venir) n’est pas quelque chose dont nous sommes au courant pour l’instant. Que peuvent bien vouloir les États-Unis ?»

Il a aussi profité de son séjour à Washington pour renseigner ses hôtes sur le système de navigation aérienne civile du Canada.

«Nav Can soulève de l’intérêt aux États-Unis, a dit M. Garneau. Plusieurs personnes m’ont dit qu’elles aimeraient savoir comment le Canada est venu à la décision de séparer deux fonctions: réglementer et contrôler le trafic aérien. Cela a bien fonctionné pour le Canada. Nav Can est très admiré sur le plan de l’efficacité.»

Marc Garneau, un ancien astronaute, s’est aussi entretenu, à Washington, avec les actuels locataires américains de la Station spatiale internationale.

Invité à une conférence sur l’aéronautique, M. Garneau a estimé que les séjours dans l’espace sont aujourd’hui plus longs et plus exigeants pour l’organisme des voyageurs de l’espace. L’ex-astronaute canadien, qui a séjourné trois fois dans l’espace à bord de navettes, a raconté que «dans son temps», il allait manger au restaurant le jour même de son retour sur Terre.

Au cours d’une visioconférence avec la Station spatiale, M. Garneau a demandé aux astronautes américains Shane Kimbrough et Peggy Whitson comment ils s’étaient entraînés pour cette mission. Les astronautes ont ensuite expliqué leurs expérimentations menées sur les cellules souches et sur la culture spatiale de laitues.

Peggy Whitson, qui connaissait déjà l’astronaute Garneau, lui a juré que la laitue spatiale était excellente.

M. Garneau est le plus récent d’une longue liste de ministres qui défilent à Washington depuis quelques semaines pour tisser un premier lien avec les nouveaux membres de l’administration de Donald Trump.