Le ministre O’Regan donne un aperçu du «programme vert» du gouvernement Trudeau

OTTAWA — Le ministre des Ressources naturelles, Seamus O’Regan, a fait valoir aux investisseurs mondiaux dans le domaine de l’énergie que le vaste projet de gazoduc LNG Canada, qui doit permettre d’exporter du gaz naturel liquéfié à partir du port de Kitimat, en Colombie-Britannique, est leur meilleur choix pour investir dans une production de gaz naturel durable et compétitive.

M. O’Regan a tenu ces propos lors d’un discours à la conférence virtuelle Gastech 2020 lundi, un peu plus de deux semaines avant que le premier ministre Justin Trudeau ne dévoile son «ambitieux programme vert» promis dans le discours du Trône qui doit exposer le plan de son gouvernement pour relancer l’économie durement touchée par la pandémie de COVID-19.

Dans son discours, M. O’Regan a fait allusion à certains des éléments susceptibles de figurer dans ce plan, notamment des promesses d’investissement dans le réseau électrique et dans les programmes d’efficacité énergétique, l’accent mis sur les travailleurs et des investissements dans la technologie pour rendre les combustibles fossiles moins polluants.

Le ministre O’Regan a affirmé que la meilleure voie vers une économie à faibles émissions de gaz à effet de serre consiste à faire du gaz naturel un produit plus vert qui pourra être vendu à l’étranger — principalement à des pays asiatiques — pour remplacer le charbon comme source d’énergie pour produire de l’électricité.

À Ottawa, le gaz naturel liquéfié séduit également les conservateurs et néo-démocrates.

Dans sa campagne à la direction du parti, le nouveau chef conservateur Erin O’Toole avait prôné la vente de gaz naturel canadien dans des marchés étrangers, une proposition qui figurait également dans la plateforme électorale de 2019.

Le chef du NPD, Jagmeet Singh, a également déjà affiché son soutien envers des projets de gaz naturel liquéfié, surtout celui dans le nord de la Colombie-Britannique, qui est appuyé par le gouvernement néo-démocrate de la province.

Le ministre O’Regan soutient que l’Agence internationale de l’énergie anticipe une demande grandissante pour le gaz naturel au cours des prochaines décennies, ce qui «augure bien pour le Canada».

Dans les faits, les prévisions de l’AIE sont plus nuancées: l’agence s’attend à ce que, sous un «scénario de développement durable» qui verrait les pays tenter de s’aligner avec les cibles fixées dans le cadre de l’Accord de Paris, l’utilisation de gaz naturel plafonne d’ici la fin de la présente décennie.

Le discours du ministre a illustré le fossé marqué entre le plan climatique du gouvernement fédéral et les défenseurs de l’environnement, qui estiment que rendre les combustibles fossiles plus propres ne résoudra ni les problèmes économiques ni la crise climatique.

Catherine Abreu, directrice du Réseau action climat Canada, redoute que le discours du Trône ne fasse mention des énergies propres et d’investissements dans ce secteur que de manière «symbolique», sans prévoir de mesures robustes à grande échelle pour investir uniquement dans les sources d’énergie renouvelables à l’avenir, «suivant la tendance qu’on observe où la vraie priorité et les vrais investissements vont vers le secteur des combustibles fossiles».

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