Le moment est venu de soulager les Canadiens des maux causés par l’inflation

OTTAWA — En raison de l’inflation qui atteint des taux inégalés depuis plusieurs décennies, des Canadiens démunis se tournent de plus en plus vers les organismes communautaires pour obtenir de l’aide alimentaire.

Le Centre communautaire d’alimentation de Stratford, en Ontario, souligne que le nombre de personnes ayant recours à ses services a doublé. Ses produits, achetés sur les marchés locaux, sont moins onéreux que ceux vendus dans les épiceries. Selon le centre, les gens y dépensent deux fois qu’il y a quelques mois.

«On voit des gens qui ne venaient jamais ici auparavant, signale Derek Barnes, du gestionnaire du centre. Et les gens qui viennent ici pour la première fois disent que les prix peuvent être trop élevés pour eux.»

Le prix des aliments a grimpé de 8,8 % au cours de la dernière année. Cette situation inquiète de nombreux experts et groupes communautaires.

Le taux d’inflation s’élevait à 8,1 % en juin, un sommet depuis 1983. En comparaison, les salaires horaires n’ont augmenté que de 5,2 %.

Selon M. Barnes, le moment est venu pour les gouvernements de s’assurer que les revenus des familles soient assez élevés pour qu’elles ne dépendent pas des banques alimentaires.

«On ne veut pas que les gens de notre collectivité se contentent de survivre. On veut qu’ils s’épanouissent», lance-t-il.

Valerie Tarasuk, une professeur des sciences alimentaires, dit que l’insécurité alimentaire va s’aggraver en raison de l’inflation.

 «Il faut s’occuper des revenus de ceux qui souffrent d’insécurité alimentaire, résume la Pre Tarasuk. Les organismes caritatifs ne peuvent s’occuper de ce problème d’aucune façon.»

De telles mesures doivent être réservées au Canada ayant des revenus fixes ou peu élevés, ajoute-t-elle.

La plupart des gouvernements provinciaux n’indexent pas les prestations d’aide sociale. Si le gouvernement fédéral le fait pour ses programmes, cela prendra un certain temps avant que les chèques transmis aux prestataires n’en tiennent compte.

Le NPD a demandé au gouvernement fédéral d’agir maintenant en doublant le crédit d’impôt pour la TPS et en augmentant de 500 $ les prestations de l’Allocation canadienne pour les enfants. Le parti soutient que cette aide pourrait être financée en augmentant la fiscalité des corporations qui ont vu leurs profits grimper au cours de la pandémie.

Le gouvernement libéral a rejeté l’idée.

L’ancien directeur parlement du budget, Kevin Page, signale que le dernier budget fédéral contenait des hausses substantielles dans certains programmes d’aide, mais il a été adopté avant que l’inflation atteigne des sommets.

M. Page croit que les pressions vont s’accentuer sur le gouvernement fédéral pour qu’il vienne au secours des plus démunis.

«Fournir de l’aide temporaire aux personnes vulnérables en période inflationniste, je crois que les politiciens ne peuvent pas tourner le dos à ça. Ils ne le devaient pas», soutient-il.

M. Page juge que des mesures bien ciblées, comme la hausse du crédit d’impôt pour la TPS, pourraient être appropriées. Toutefois, les élus doivent être prudents et «ne pas aller au-delà de ça».

Mais Randall Bartlett, un économiste de Desjardins, met en garde contre des paiements de transferts supplémentaires, disait que celait pourrait alimenter l’inflation.

«Les transferts à des ménages à bas revenus sont les types de transferts les plus inflationnistes, car ils sont ensuite consacrés aux dépenses, indique-t-il. C’est la raison pour laquelle les gouvernements s’appuient sur ce genre de mesure pour stimuler l’économie pendant une récession.»

M. Bartlett préférerait que le gouvernement s’en tienne à son plan prévu au budget. «Cela donnerait des certitudes à la Banque du Canada sur la politique fiscale du gouvernement tout en procurant de l’aide aux Canadiens vulnérables.»

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