Le Montréalais accusé de terrorisme aux É-U aura son procès la semaine prochaine

MONTRÉAL — Un résidant de Montréal accusé de terrorisme et d’avoir poignardé un policier à l’aéroport de Flint, au Michigan, a plaidé non coupable et subira son procès devant jury dès la semaine prochaine aux États-Unis.

Des plaidoyers de non culpabilité ont été enregistrés la semaine dernière par Amor Ftouhi aux trois chefs d’accusation portés contre lui, soit d’avoir posé un acte de violence dans un aéroport international, d’avoir perturbé la sécurité aéroportuaire et d’avoir commis un acte de terrorisme qui transcende les frontières.

Ces deux derniers chefs sont passibles de prison à vie, et le premier, de 20 ans d’emprisonnement.

L’homme, présent en cour le 25 octobre et à l’aide d’un interprète qui traduisait l’audience en arabe, a déclaré comprendre les peines qu’il risque s’il est déclaré coupable.

En juin 2017, il avait traversé la frontière pour se rendre dans l’État du Michigan. À l’aéroport Bishop de Flynt, le 21 juin, des témoins ont rapporté qu’il avait crié «Allahou Akbar» («Dieu est grand» en arabe) en s’attaquant avec un couteau au lieutenant Jeff Neville. Le policier a survécu.

Au moment de l’attaque, l’assaillant aurait fait allusion aux personnes tuées «en Syrie, en Irak et en Afghanistan», ajoutant que «nous allons tous mourir», selon l’information rapportée par le FBI.

L’accusé, maintenant âgé de 50 ans, avait été arrêté le 21 juin et est détenu depuis. Amor Ftouhi vivait au Canada depuis 10 ans, est marié et père de trois enfants. Il travaillait sporadiquement comme camionneur et avait aussi la nationalité tunisienne.

Une conférence préparatoire a eu lieu au palais de justice de Flint la semaine dernière pour finaliser les procédures avant le procès.

Le procureur fédéral a depuis été autorisé à faire apporter dans la salle de cour deux armes, soit le couteau de chasse avec lequel l’accusé a attaqué et blessé le policier, ainsi qu’une machette, comme éléments de preuve.

L’accusé a de son côté demandé que certains documents soient conservés sous scellés jusqu’à la fin du procès, pour que cela n’influence «et n’enflamme pas» le jury.

«Les jurés ont déjà été exposés à la couverture médiatique, tel que démontré par les questionnaires aux jurés, qui montrent non seulement la connaissance de la cause, mais des opinions négatives envers les personnes arabes et musulmanes. De plus, la couverture médiatique a montré M. Ftouhi sous un jour négatif», est-il écrit dans la requête présentée par ses avocats. 

Il avait plus tôt cet automne annoncé qu’un psychiatre allait témoigner à son procès sur son état mental, mais il a ensuite retiré cet avis, sans explications.

Ftouhi n’était pas connu des autorités canadiennes ni américaines, a confirmé le FBI, qui avait aussi révélé qu’il avait tenté de s’acheter une arme à feu en sol américain.

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