Le MSSS précise son rôle dans le dossier de la qualité de l’air dans les écoles

QUÉBEC — Le ministère de la Santé et des Services sociaux a confirmé, dans un communiqué diffusé vendredi, que la Direction générale de santé publique (DGSP) et l’Institut national de la santé publique (INSPQ) ont collaboré avec le ministère de l’Éducation (MEQ) dans le dossier de la qualité de l’air dans les écoles, sans toutefois valider les protocoles du MEQ.

Jeudi, Radio-Canada rapportait que le MEQ et son ministre, Jean-François Roberge, n’avaient jamais reçu l’aval de la santé publique concernant les méthodes utilisées pour vérifier la qualité de l’air dans les classes, comme l’avait soutenu publiquement le ministre.

Le ministère de la Santé a plutôt précisé que la participation de la DGSP et de l’INSPQ avait été sollicitée par le ministère de l’Éducation, mais que la santé publique n’avait que formulé des recommandations concernant les méthodes utilisées, sans les approuver.

«En novembre dernier, la Direction générale de santé publique (DGSP) du MSSS a été consultée sur la proposition d’étude sur les taux de CO2 dans les écoles et a commenté cette proposition. La DGSP, et non le ministère de l’Éducation, a alors demandé à l’Institut national de la santé publique de faire certaines recommandations», a expliqué le ministère de la Santé.

«Plusieurs commentaires de l’INSPQ ont également été retransmis au MEQ concernant le protocole d’évaluation de la qualité de l’air. Les commentaires émis par les experts de la santé publique ont été acceptés et intégrés par le MEQ,»

Le MSSS a également soutenu que la santé publique a «été consultée et a commenté» les directives sur la ventilation des établissements scolaires émises en janvier 2021.

Dans ces directives, publiées le 9 janvier, le ministère de l’Éducation ne recommandait pas l’installation de purificateurs d’air dans les écoles de la province.

Il préconisait plutôt l’ouverture régulière des fenêtres des salles de classe pour aérer l’espace.

Le MSSS a confirmé avoir eu accès aux résultats des tests menés par des experts mandatés par le MEQ, sans toutefois indiquer que la santé publique les avait approuvés.

«La santé publique poursuit son mandat de protéger la santé de la population et travaille de concert avec une multitude de ministères, organismes et autres organisations dans le cadre de la pandémie de la COVID-19». a indiqué le directeur national de la santé publique, Dr Horacio Arruda.

«En ce qui a trait au dossier de la qualité de l’air dans les écoles, nous avons aussi collaboré selon notre expertise en continu avec le MEQ.»

La démission du ministre réclamée

Jeudi, la cheffe de l’opposition officielle Dominique Anglade a réclamé la démission de M. Roberge à titre de ministre de l’Éducation, jugeant qu’il avait menti aux Québécois chaque fois qu’il a affirmé que la santé publique avait validé la méthode pour échantillonner la qualité de l’air dans les classes.

«Je crois que le ministre vient réellement de signer sa lettre de démission et qu’il doit quitter ses fonctions, point», a affirmé Mme Anglade.

Le co-porte-parole de Québec solidaire (QS), Gabriel Nadeau-Dubois, a également soutenu que M. Roberge a menti «aux familles, au public et aux parlementaires», sans demander sa démission.

«Le chat sort du sac, a-t-il déclaré. Ce que Jean-François Roberge a fait, c’est très grave. Il a instrumentalisé la santé publique pour couvrir sa propre négligence dans le dossier de la qualité de l’air.»

À la période des questions jeudi, le premier ministre François Legault s’est porté à la défense de son ministre, qui était absent du Salon bleu.

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