Le Musée des droits de la personne a censuré la cause LGBTQ

WINNIPEG — La direction du Musée canadien pour les droits de la personne, à Winnipeg, a offert vendredi ses excuses pour avoir censuré sa section concernant l’histoire des luttes LGBTQ, à la demande de certains groupes scolaires.

Six membres de l’équipe de direction ont signé un message d’excuses, publié vendredi, reconnaissant que cette pratique était contraire à tout ce que le musée prétend défendre.

Cette nouvelle controverse survient une semaine après que le musée eut annoncé le déclenchement d’une enquête externe en réaction à des dénonciations d’ex-employés et d’employés actuels sur les réseaux sociaux. Les messages allèguent que l’environnement de travail au musée est entaché par le racisme et la discrimination.

Le musée a d’abord publié des images en appui au mouvement «Black Lives Matter», ce qui a fait réagir les dénonciateurs qui ont accusé l’institution d’être hypocrite alors qu’ils disent subir du racisme à l’intérieur de ses murs.

D’autres travailleurs actuels ou anciens ont par la suite fait dévier le débat vers la cause des minorités sexuelles. Ils ont rapporté qu’on leur avait demandé d’éviter de présenter les éléments liés à l’histoire des droits de la communauté LGBTQ à la requête de certaines écoles.

Le musée a précisé avoir cessé de se plier à de telles requêtes des écoles depuis 2017.

Malgré tout, la direction a tenu à reconnaître ses torts et à présenter ses excuses à la communauté LGBTQ2+, aux visiteurs, aux employés, aux bénévoles, aux membres et aux donateurs pour avoir trahi leur confiance.

«Nous avons failli à nos responsabilités en tant que leaders», peut-on lire dans le message signé par les membres de la direction.

L’enquête externe déclenchée au sujet des dénonciations de climat de travail raciste et discriminatoire doit également prendre en charge les nouveaux éléments concernant les luttes LGBTQ.

Le musée compte une exposition dédiée à la longue et douloureuse lutte menée par les minorités sexuelles pour se défaire de la marginalité et vivre en toute liberté.

La direction admet que les efforts déployés par le musée pour cacher ces histoires et ces expériences pourtant mises en évidence en ses murs constituent non seulement une perpétuation de l’oppression contre la communauté LGBTQ, mais aussi une profonde trahison.