Le N.-B. crée un Secrétariat aux langues officielles, qui laisse la SANB insatisfaite

FREDERICTON — Le gouvernement du Nouveau-Brunswick créera un Secrétariat aux langues officielles, sa réponse à la révision, l’an dernier, de la Loi sur les langues officielles.

Une mesure qui a immédiatement été jugée nettement insuffisante par la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick.

Le premier ministre Blaine Higgs a affirmé lundi que ce secrétariat supervisera dès l’an prochain la façon dont le gouvernement s’acquitte de ses fonctions en vertu de la Loi sur les langues officielles, qui a fait du Nouveau-Brunswick en 1969 la seule province officiellement bilingue du pays. 

Le secrétariat sera en activité à compter d’avril 2023 et relèvera du ministère des Affaires intergouvernementales.

M. Higgs a expliqué lundi qu’il créait ce nouveau secrétariat en réponse à la révision, l’an dernier, de la Loi sur les langues officielles par la juge Yvette Finn et le haut fonctionnaire à la retraite John McLaughlin. 

Le rapport des commissaires recommandait plutôt la création d’un ministère des Langues officielles; il n’était pas question de secrétariat.

La Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) a qualifié lundi de «farce monumentale» cette réponse du gouvernement Higgs au rapport de la commission Finn-McLaughlin.

«Outre l’annonce de la création du Secrétariat, M. Higgs n’a abordé aucune des 33 recommandations formulées dans le Rapport Finn-McLaughlin, publié il y a plus d’un an», a indiqué dans un communiqué le président de la SANB, Alexandre Cédric Doucet.

«Un repoussoir»

«Bien que la création d’un Secrétariat des langues officielles ne soit pas une mauvaise nouvelle en soi, le premier ministre, par ses propos, semble vouloir faire de cette entité un repoussoir qui permettra aux parlementaires de se déresponsabiliser en matière de langues officielles», a soutenu M. Doucet.

«Ceci va à l’encontre de l’esprit de la Loi, qui voudrait que le premier ministre soit le ministre responsable de la Loi sur les langues officielles.»

Le premier ministre Higgs affirme que le Secrétariat — contrairement au Commissariat aux langues officielles — n’agira pas à la suite du dépôt de plaintes.

Au lieu de cela, le secrétariat surveillera et évaluera la façon dont le gouvernement met en œuvre la Loi sur les langues officielles et développera des moyens pour que la province puisse s’assurer que des services de qualité supérieure sont fournis dans les deux langues officielles.

M. Higgs a été accusé par des leaders francophones de toute la province de ne pas être suffisamment engagé envers le bilinguisme.

«La société civile acadienne et francophone s’est livrée corps et âme pour faciliter le travail du gouvernement quant à la révision de la Loi, a indiqué lundi M. Doucet, de la SANB.

«Aujourd’hui, M. Higgs a balayé du revers de la main l’ensemble des recommandations de la communauté acadienne et francophone, tout en osant nous demander de reconnaître les « réels efforts » du gouvernement quant à la révision.

«Je suis stupéfié qu’après plus d’une année d’attente, le premier ministre Higgs ait osé prendre le microphone aujourd’hui sans aborder aucune des recommandations formulées dans le rapport Finn-McLaughlin», soutient M. Doucet.

Laisser un commentaire

Les commentaires sont modérés par l’équipe de L’actualité et approuvés seulement s’ils respectent les règles de la nétiquette en vigueur. Veuillez nous allouer du temps pour vérifier la validité de votre commentaire.