Le N.-B. prévoit un déficit de près de 300 millions $ à la suite de la COVID-19

FREDERICTON — Le gouvernement du Nouveau-Brunswick prévoit désormais un déficit de 299 millions $ pour l’année fiscale 2020-2021, plutôt qu’un excédent de 92 millions $ qui était prévu lors de l’annonce du budget ce printemps.

«L’excédent s’est transformé en déficit en un clin d’oeil», a déclaré jeudi le ministre des Finances, Ernie Steeves, ajoutant que la COVID-19 a créé une situation sans précédent.

Les revenus devraient être inférieurs de 291,4 millions $ aux prévisions budgétaires en raison des effets de la pandémie.

Les dépenses devraient pour leur part dépasser le budget par 100,2 millions $, dont 39,5 millions $ sont compensés par les revenus fédéraux.

«Lorsque les programmes fédéraux prendront fin, il pourrait y avoir d’autres mauvaises nouvelles, a indiqué M. Steeves. Nous essayons simplement d’économiser de l’argent là où nous le pouvons et d’aider les gens comme nous le pouvons. Cette année n’en est qu’un aspect. Il faudra des années pour récupérer.»

La dette nette devrait atteindre 14,1 milliards $, soit une augmentation de 266,7 millions $ par rapport au niveau de 2019-2020.

Le premier ministre Blaine Higgs a souligné la nécessité que le programme fédéral de financement des infrastructures soit souple afin de répondre aux besoins uniques de sa province.

Le porte-parole libéral en matière de finances, Roger Melanson, affirme que le gouvernement conservateur de la province doit profiter de l’argent fédéral qu’il a laissé sur la table.

«Nous avons signé un accord pour les deux dernières années en matière de logement abordable, a-t-il déclaré jeudi. Il s’agit d’un programme de 300 millions $ à frais partagés entre le gouvernement fédéral et la province, et nous n’en avons pas encore profité parce que le gouvernement provincial n’a pas encore donné sa responsabilité financière.»

M. Melanson a déclaré que l’argent permettrait de construire des logements abordables pour les personnes qui en ont besoin et que cela stimulerait l’économie.

Le chef du Parti vert David Coon a affirmé qu’il craignait que les impacts fiscaux et économiques réels ne se révèlent bien pires que les chiffres publiés jeudi.

«Ce sont des projections basées sur quatre semaines de données. C’est en grande partie le résultat de la réduction des revenus en avril et de leur projection», a déclaré M. Coon.

«Je ne pense pas que nous puissions faire confiance à aucune des projections pour le moment», a-t-il résumé.

M. Coon a estimé que cela dépendra en grande partie de la façon dont les Néo-Brunswickois fréquentent les entreprises de la province et de ce qui se passe aux États-Unis et sur d’autres marchés d’exportation du Nouveau-Brunswick.

Selon M. Steeves, on commence à peine à prendre la mesure des impacts économiques de la pandémie.

Il a déclaré que dans le contexte de réouverture des commerces, les gens devraient penser à «acheter local» pour aider ces entreprises à survivre.

La province entamera vendredi la prochaine phase de son plan de réouverture des entreprises.