Le nettoyage commence dans le Maine après le déraillement d’un train du CP

Le Canadien Pacifique Kansas City (CPKC) mène dimanche des efforts de nettoyage sur les lieux du déraillement d’un train de marchandises survenu la veille dans le Maine, près de la frontière canado-américaine, qui a mis le feu à plusieurs wagons.

L’incident s’est produit samedi vers 8h30 dans le canton de Sandwich Academy Grant, dans le comté de Somerset, où trois locomotives et six wagons transportant du bois et des câbles électriques sont sortis de la voie.

Trois employés ont été transportés dans un hôpital local pour soigner des blessures ne mettant pas leur vie en danger, samedi, et ils sont sortis le même jour, a indiqué l’opérateur ferroviaire.

Ce secteur est situé à une cinquantaine de kilomètres du Québec. Il s’agit de la ligne de chemin de fer du Canadien Pacifique qui traverse notamment Farnham et Lac-Mégantic, puis se rend jusqu’à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick.

La voie ferrée est la même que celle où la catastrophe mortelle de Lac-Mégantic s’est déroulée à environ 90 kilomètres plus à l’ouest en 2013. Le Canadien Pacifique n’était pas propriétaire de la voie à l’époque.

Le train a heurté une voie affaissée dans une zone boisée près du lac Moosehead dans le nord-ouest du Maine, à quelque 220 kilomètres au sud-est de la ville de Québec, a indiqué le CPKC dans un communiqué.

Les locomotives et quatre wagons de bois déraillés ont pris feu. Les équipes ont utilisé des barrages flottants – des barrières absorbantes en forme de tubes – pour contenir le carburant diesel déversé, a indiqué la porte-parole du CPKC, Doniele Carlson.

Des wagons transportant des fûts d’éthanol et d’autres matières dangereuses sont également sortis des rails, mais n’ont pas pris feu. Les autorités de l’État ont déclaré qu’il n’y avait pas de menace pour la sécurité publique.

Le porte-parole du département de l’Agriculture, de la Conservation et de la Foresterie du Maine, Jim Britt, a déclaré que le train du CPKC a dérapé en raison d’un affaissement causé par un conduit obstrué sous la voie ferrée «à cause des débris hivernaux, de la glace et de la boue».

Dimanche, le Canadien Pacifique était sur les lieux pour diriger les opérations de nettoyage et de réparation. Les travailleurs s’affairaient notamment à récupérer les locomotives et les wagons, tout en retirant des débris et en réparant les rails.

Une route d’accès d’environ trois kilomètres doit être creusée à partir d’un ancien chemin forestier pour permettre les opérations de récupération, de nettoyage et de réparation des rails, a précisé M. Britt lors d’une entrevue téléphonique.

«Ils sont encore en train de recevoir des équipements, et il y a une route de trois kilomètres à construire. C’est une véritable opération», a-t-il indiqué dimanche après-midi.

Le consultant ferroviaire Greg Gormick a déclaré que le déraillement «aurait pu être bien pire», notant que l’incident s’est produit près d’un grand lac.

Certaines matières dangereuses se trouvaient dans le train au moment du déraillement, selon les autorités, mais les premiers répondants ont déterminé qu’il n’y avait pas de risque de fuite ou d’incendie.

Le Canadien Pacifique s’est engagé à investir jusqu’à 90 millions $ sur trois ans pour mettre la partie américaine de la Central Maine & Quebec Railway en conformité avec les normes de la Federal Railroad Administration après avoir finalisé l’achat du chemin de fer en janvier 2020.

«Il y a un important arriéré de travaux de maintenance reportés», a déclaré M. Gormick.

Le déraillement s’est produit un jour après que le directeur général du Canadien Pacifique, Keith Creel, a remis un clou de platine lors d’une cérémonie à Kansas City pour célébrer l’achat par la société de la Kansas City Southern.

L’entreprise combinée crée le seul chemin de fer qui s’étend du Canada jusqu’aux États-Unis et au Mexique. Il s’agit de la première grande fusion ferroviaire sur le continent en plus de vingt ans, après qu’un organisme de réglementation américain a approuvé la transaction de 31 milliards $ américains le mois dernier.

La Federal Railroad Administration, qui a envoyé un inspecteur sur place, a laissé entendre qu’il faudrait plusieurs semaines avant que tous les détails de l’accident soient révélés. Le Canadien Pacifique a jusqu’à la fin du mois de mai pour soumettre un rapport concernant les causes du déraillement.

La population locale a été invitée à rester à l’écart pendant que les travaux se poursuivaient. Le déraillement s’est produit près de Rockwood, une ville d’environ 300 habitants située sur le lac Moosehead, à environ 140 kilomètres au nord-ouest de la ville de Bangor.

-Avec des informations de l’Associated Press.

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