Le nombre de demandes de la Prestation canadienne d’urgence a varié selon les villes

OTTAWA — Quelque 8,9 millions de Canadiens ont reçu près de 82 milliards $ en vertu de la Prestation canadienne d’urgence de la fin mars à octobre 2020. 

Selon le données du ministère de l’Emploi et du Développement social, 6,5 millions de personnes ont reçu la prestation de 500 $ par semaine au cours des quatre premières semaines, soit plus d’un Canadien sur cinq de plus de 15 ans. 

Environ trois millions de personnes ont perdu leur emploi en mars et avril en raison des fermetures d’entreprises non essentielles. Quelque 2,5 millions de plus ont travaillé moins de la moitié de leurs heures habituelles.

Les choses se sont graduellement améliorées. Ainsi, 4,4 millions de personnes ont été bénéficiaires de la PCU pendant le deuxième mois, 3,7 millions pendant le troisième mois et près de 2,3 millions pendant le dernier mois de son existence.

La Presse Canadienne a analysé des données fédérales provenant de plus de 1600 secteurs postaux. Elles ont été ventilées par les trois premiers caractères des codes postaux, appelés «zones de tri d’acheminement», afin de déterminer le nombre de destinataires actifs à tout moment n’importe où dans le pays.

L’agence de presse a utilisé les chiffres de population du recensement de 2016 pour calculer le pourcentage de la population de plus de 15 ans qui a reçu la PCU dans chaque région de tri d’acheminement au cours d’une période de paie de quatre semaines.

Certaines zones de tri d’acheminement figurant parmi les données du ministère de l’Emploi et du Développement social ont été créées après le recensement de 2016 et n’ont pas été incluses dans l’analyse.

Le Grand Toronto a grandement été touché par la crise économique déclenchée par la pandémie. À Brampton, plus d’un citoyen sur cinq (20,71 %) a reçu au moins un chèque de la PCU. Dans la ville voisine de Mississauga, ce pourcentage s’élève à 15,29%. La Ville-Reine compte 14,12 % de sa population à avoir reçu au moins un chèque de la PCU.

Les deux principales villes de l’Alberta, déjà touchées par le déclin des prix du pétrole, n’ont pas été épargnées non plus. Edmonton a vu 15,03 % de sa population toucher au moins un chèque de la PCU, contre 13,98 % à Calgary.

Au Québec, les données tracent le portrait d’une situation disparate. Ainsi, à Montréal et à Laval, ce sont respectivement 13,66 % et environ 13 % de la population à avoir reçu ce soutien gouvernemental. La proportion baisse à 10,11 % à Gatineau et à 8,6 % à Québec.

La ville de Fredericton au Nouveau-Brunswick s’en tire avec «seulement» 9,19% de sa population à avoir reçu un chèque de la PCU.

Au cours des quatre mois du programme, c’est East Gwillimbury, en Ontario, qui comptait en moyenne le plus grand nombre moyen de résidents ayant eu accès au programme, soit 24 %. La ville avec le pourcentage le plus faible était Winkler, au Manitoba, à 3,83 pour cent.

Sept sur dix

Certains secteurs ont été beaucoup plus sévèrement frappés par la pandémie. Parmi ceux-ci, le quartier Skyview Ranch de Calgary, l’un des plus diversifiés du pays, avec une forte proportion de minorités visibles et de nouveaux arrivants.

Près de sept résidents sur dix âgés âgés de plus de 15 ans ont reçu la PCU au cours du premier mois de sa mise en oeuvre, l’un des hauts pourcentages au pays. Pendant le dernier mois, ce pourcentage était tombé à près de 25 %.

Les données du dernier recensement indiquent que 12 % la population vivait sous le seuil de pauvreté en 2016. Plusieurs vivent dans des ménages multigénérationnels, ce qui, selon un conseiller municipal local, a suscité des inquiétudes supplémentaires pour la santé des grands-parents.

«Ce sont de véritables soucis et défis auxquels les membres de ma communauté ont été confrontés tout au long d’une pandémie, souligne George Chahal. La PCU et le soutien supplémentaire aux petites entreprises ont été un énorme soulagement pour beaucoup de gens dans mon district.»

Il semble que la population urbaine du pays a fait plus appel à la PCU que sa partie rurale.

Particulièrement dans les villes qui dépendent davantage de l’hébergement, du tourisme et de la restauration comme moteurs de la croissance économique. Les grands centres ont une plus forte concentration d’emploi dans ces secteurs, note David Macdonald, économiste principal au Centre canadien de politiques alternatives.

«Davantage de zones rurales et certaines villes qui dépendent davantage, par exemple, des ressources naturelles, n’ont pas été aussi durement touchées», ajoute-t-il.

M. Chahal juge qu’il y aura toujours un besoin pour de l’aide gouvernementale. «Peut-être pas pour tout le monde, mais il y a aura beaucoup de gens qui auront besoin d’aide dans les mois à venir, lorsque nous passerons de la pandémie à la reprise économique.»

— Avec la collaboration de Lucas Timmons et Meredith Omstead

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