Le nombre de groupes tiers dans la campagne a éclipsé le total de 2015

OTTAWA — Le nombre de groupes enregistrés en tant que tiers dans la campagne électorale fédérale a éclipsé le total de 2015, alors que 117 syndicats, associations à but non lucratif, associations industrielles – et particuliers- participent au processus démocratique sans chercher à être élus.

Les groupes doivent présenter une série de déclarations à Élections Canada dès qu’ils atteignent certains seuils de dépenses, et une nouvelle vague de chiffres apparaît maintenant en ligne. Voici quelques tendances qui se dessinent dans la manière dont les groupes tentent d’attirer l’attention des électeurs.

Les syndicats toujours en tête

Une série de déclarations antérieures suggérait que les syndicats seraient les plus grands dépensiers lors de la période électorale, et cette tendance s’est poursuivie à mi-parcours de la campagne.

Le syndicat Unifor, qui avait déjà dépensé 1,3 million de dollars, n’a pas annoncé beaucoup de nouvelles dépenses. De son côté, le Syndicat des Métallos a déboursé environ 144 000 $ depuis le début de la campagne, en plus de leurs dépenses de 739 000 $ avant les élections.

La Fédération canadienne des syndicats d’infirmières et d’infirmiers est entrée dans la danse avec des dépenses de publicité de campagne d’environ 410 000 $ et l’Alliance de la Fonction publique du Canada a annoncé des dépenses avant les élections de 160 000 $.

Pendant la période de la campagne électorale, la plus grande centrale syndicale du Québec, la FTQ, a dépensé 35 000 $, le Syndicat canadien de la fonction publique, environ 27 000 $, et un syndicat de personnel correctionnel a déboursé 38 000 $ depuis le 30 juin.

Campagne d’un océan à l’autre

La grande majorité des dépenses nouvellement déclarées concerne la publicité nationale ou la publicité qui ne vise pas spécifiquement une seule circonscription.

Représentation équitable au Canada et le Syndicat des Métallos étaient deux des rares groupes à cibler des circonscriptions en particulier, mais dans le cas des Métallos, l’exercice ne représentait qu’environ un pour cent du total de ses dépenses.

L’Association médicale canadienne affichait une proportion légèrement supérieure de dépenses locales, soit environ huit pour cent de ses dépenses totales pendant la campagne.

Une chose à noter, cependant, est que de nombreuses publicités classées comme nationales peuvent toujours être dirigées, à certains égards, vers des types d’électeurs spécifiques grâce au ciblage de publicités numériques.

Beaucoup d’activités sur Facebook

Le plus grand site de médias sociaux au monde est prisé par les tiers lors de cette campagne électorale. Certains annonceurs, comme le groupe antilibéral Canada Proud, dépensent presque exclusivement sur la plateforme Facebook, qui reçoit par ailleurs plus d’attention que l’un de ses concurrents, Twitter. L’Association médicale canadienne, par exemple, a dépensé environ 4700 $ pour dynamiser la portée de ses tweets depuis le 17 septembre, mais elle a dépensé presque 9000 $ pour des publicités sur Facebook au cours de la dernière semaine seulement. Google (et sa filiale YouTube) a interdit la publicité politique sur ses sites du 30 juin au 21 octobre.

De nombreuses façons d’obtenir de l’argent

Les groupes tiers ont un large éventail d’objectifs, mais aussi un ensemble similaire de modèles de financement.

Les syndicats ont tendance à dépenser les sommes déjà perçues grâce aux cotisations, et des associations telles que Grain Farmers of Ontario et l’Association médicale canadienne utilisent également des fonds préexistants. Ce qui contraste avec les groupes de citoyens (groupes dits «grassroots») qui obtiennent la majeure partie de leur financement grâce aux donateurs qui offrent 200 $ ou moins.

Le Leadnow Society, un groupe progressiste, a reçu un peu moins de 90 pour cent de son nouveau financement depuis le début de la campagne de ces plus petits donateurs de même que Représentation équitable au Canada, un groupe qui souhaite que soit réformé le système électoral. D’autres groupes ont fait état d’une petite quantité de gros dons. Equiterre, un groupe environnementaliste n’a annoncé qu’un seul don de 60 000 $ provenant d’un groupe philanthropique (et aucune dépense à ce jour).

Plus de tiers inscrits, mais peu de dépensiers

Bien que 117 entités soient maintenant enregistrées comme groupes tiers, seule une fraction de ces groupes ont jusqu’à présent divulgué des dépenses importantes.

Les groupes tiers doivent déposer des déclarations provisoires auprès d’Élections Canada une fois qu’ils ont dépensé ou bien reçu 10 000 $ pour des activités réglementées au cours de la période préélectorale ou de la campagne officielle.

Jusqu’à présent, seulement 25 groupes ont vu leurs déclarations publiées par Élections Canada. En 2015, 53 groupes tiers enregistrés (sur 115) ont consacré plus de 10 000 $ à des activités réglementées.

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