Le nombre de migrants illégaux agissant comme «parents» n’est pas en hausse

OTTAWA — Il n’existe aucune preuve statistique d’une augmentation des cas de migrants ayant traversé illégalement la frontière et agissant ensuite comme «parents» pour permettre à leurs proches de rentrer à leur tour au Canada, et ce, en dépit d’un rapport de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) présentant cette tactique comme un nouveau phénomène.

Dans un récent rapport remis au bureau du directeur parlementaire du budget, l’ASFC soutient que ses agents ont remarqué que certains demandeurs d’asile ayant franchi la frontière canadienne de manière illégale jouaient maintenant le rôle de «parent» pour leurs proches.

Cela permet à leur épouse ou époux, leurs enfants, leurs soeurs et frères, leurs tutrices ou tuteurs, leurs grands-parents, leurs tantes et oncles ainsi qu’à leurs nièces et neveux de se présenter à un poste frontalier officiel sans être considérés comme des migrants en situation irrégulière et de recevoir l’autorisation d’entrer au Canada.

Mais les données recueillies par le ministère de la Sécurité publique montrent que le nombre de demandeurs d’asile ayant profité de cette faille pour entrer au pays n’est pas en hausse. En fait, les chiffres indiquent plutôt que cette tendance est à la baisse.

En vertu de l’Entente entre le Canada et les États-Unis sur les tiers pays sûrs, les demandeurs d’asile qui arrivent d’abord en sol américain et tentent ensuite de présenter une demande d’asile au Canada à un poste frontalier officiel seront renvoyés dans leur contrée d’origine à moins qu’ils ne respectent les critères de l’une des quatre exceptions prévues par l’Entente, dont celle d’avoir un membre de leur famille se trouvant déjà au Canada.

Scott Bardsley, un porte-parole du ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a souligné que les statistiques établies à l’interne par le ministère révélaient que moins de gens avaient eu recours à ces exceptions pour présenter une demande d’asile au Canada.

«Les données ne permettent pas de soutenir cette affirmation selon laquelle il existe une tendance à la hausse concernant l’utilisation du « membre de la famille prêt à aider » pour contourner l’Entente sur les tiers pays sûrs. En fait, elles montrent qu’il y a moins de demandeurs d’asile qui utilisent ces exceptions pour entrer au Canada», a affirmé M. Bardsley vendredi.

En 2017, 531 personnes en moyenne étaient admissibles chaque mois aux exceptions de l’Entente contre 318 jusqu’à présent en 2018.

Une fois l’admissibilité reconnue, la requête est évaluée par la Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada, un organisme indépendant chargé de gérer les demandes d’asile et les appels.