Le Nouveau-Brunswick lancera sa propre contestation de la taxe sur le carbone

FREDERICTON — Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, s’est engagé mercredi à atteindre et même à dépasser les cibles d’Ottawa en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre — mais il annonce du même souffle que la province contestera elle aussi devant les tribunaux la constitutionnalité de la taxe fédérale sur le carbone.

Le nouveau gouvernement progressiste-conservateur a annoncé la semaine dernière qu’il souhaitait obtenir le statut d’intervenant dans les contestations judiciaires de la Saskatchewan et de l’Ontario. Or, M. Higgs a annoncé mercredi que le Nouveau-Brunswick lancera lui aussi sa propre contestation judiciaire de la taxe fédérale sur le carbone.

Le premier ministre estime que les règles fédérales proposées désavantageraient les Néo-Brunswickois, qui devraient payer selon lui la taxe sur l’essence la plus élevée au pays d’ici 2022. Il croit que la taxe sur le carbone du gouvernement fédéral «cible injustement» les entreprises du Nouveau-Brunswick, et représente un fardeau financier trop lourd pour les citoyens ordinaires, «qui doivent chauffer leur maison en hiver et conduire leur voiture».

M. Higgs a par ailleurs indiqué que son gouvernement appuierait les recommandations du Plan d’action sur les changements climatiques du Nouveau-Brunswick, publié il y a deux ans, et adopterait des règlements pour les grands émetteurs industriels. On ignore pour l’instant ce que ces règlements vont prévoir, mais M. Higgs soutient que les cibles de réduction seront atteintes.

Lois Corbett, directrice du Conseil de conservation du Nouveau-Brunswick, s’est réjouie que le gouvernement approuve le plan d’action, mais elle affirme que les conservateurs en réduisent les cibles. Elle soutient que l’objectif de réduction des émissions à 14,1 mégatonnes d’ici 2030 est supérieur d’environ quatre mégatonnes à l’objectif précédent.

Le chef du Parti vert, David Coon, estime que les contestations judiciaires échoueront, et qu’elles constituent un gaspillage des fonds publics. Il croit que M. Higgs aurait simplement pu attendre les résultats des contestations judiciaires des autres provinces.

Cathy Rogers, porte-parole libérale en matière d’environnement, estime que cette contestation judiciaire est «irresponsable», et elle qualifie de «rhétorique» tout plan de réduction des émissions qui ne s’appuie pas sur une source de financement. «À moins de mettre un prix sur le carbone, de changer les comportements et de responsabiliser les plus gros pollueurs, il n’existe aucun moyen de financer ces initiatives», a déclaré Mme Rogers.

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