Le nouveau sous-ministre de l’Éducation, Alain Sans Cartier, accueilli froidement

QUÉBEC — L’opposition à l’Assemblée nationale accueille froidement la nomination d’Alain Sans Cartier à titre de sous-ministre de l’Éducation.

Il s’agit pour le Parti québécois (PQ) d’une nomination politique, étant donné que M. Sans Cartier était secrétaire général associé au ministère du Conseil exécutif du premier ministre, et qu’il est issu de l’Action démocratique du Québec.

Le gouvernement Legault veut mettre à sa main l’ensemble de l’appareil étatique et rendre la fonction publique plus politique, ce qui est «inquiétant», selon le chef parlementaire du PQ, Pascal Bérubé.

Selon ses calculs, M. Sans Cartier est la quatrième personne issue de la filière politique qui accède à un poste de sous-ministre depuis que la Coalition avenir Québec (CAQ) est au pouvoir.

«Du jamais vu, s’est-il exclamé en point de presse mercredi. Même les libéraux ne faisaient pas ça! On est rendu, comme on dit en latin, au « next level ».»

Rappelons que la CAQ s’est maintes fois engagée à se tenir loin de toute nomination partisane, dénonçant «les petits amis» du pouvoir ayant profité du régime précédent sans raison autre que politique.

Pour sa part, Québec solidaire (QS) a tenu à souligner, mercredi, le passé de M. Sans Cartier comme administrateur de l’entreprise albertaine Questerre Energy Corporation, qui veut relancer l’exploitation du gaz de schiste au Québec. 

M. Sans Cartier a aussi travaillé au Port de Québec et au Parti progressiste-conservateur du Canada.

«Ça fait longtemps qu’on connaît le préjugé favorable du gouvernement de François Legault envers les hydrocarbures, envers le pétrole et le gaz», a déclaré le co-porte-parole de QS, Gabriel Nadeau-Dubois. 

«Qu’il recrute dans cette filière-là, ce n’est pas surprenant, mais c’est un problème. Je ne sais pas en quoi quelqu’un qui vient du milieu des hydrocarbures est particulièrement outillé pour gérer le réseau de l’Éducation.»

La porte-parole libérale en éducation, Marwah Rizqy, affirme quant à elle que c’est une «dernière prise» pour le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge.

Elle souligne qu’on lui a déjà enlevé, en juin dernier, ses responsabilités en matière d’enseignement supérieur.

«Il y a une directive qui est venue du bureau du premier ministre, et c’est de dire: « Finalement, on tasse ton sous-ministre et on va mettre le nôtre, celui que nous avons choisi au bureau du premier ministre »», a déclaré Mme Rizqy. 

«C’est un signal très fort qui est envoyé par le premier ministre pour dire à M. Roberge qu’en ce moment, il comprend qu’il y a quelque chose qui se passe dans le réseau», a-t-elle ajouté. 

Jeudi dernier, le premier ministre François Legault a vanté en conférence de presse les talents de gestionnaire de M. Sans Cartier, qui arrive au «bon temps» à l’Éducation. Il a ajouté être toujours satisfait du travail du ministre Roberge.

«Non, ce n’est pas un message à Jean-François Roberge, ça a été fait avec Jean-François», avait-il expliqué, tout en reconnaissant que le ministre et son équipe font aujourd’hui face à un «énorme défi de gestion».

«L’Éducation, c’est un gros ministère. Actuellement, il y a encore plus de pression sur le ministère avec la pandémie. Il y a de gros projets, de belles écoles, la maternelle quatre ans. C’est un énorme défi de gestion», avait affirmé le premier ministre.

M. Sans Cartier a décliné la demande d’entrevue de La Presse Canadienne, mercredi.

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