Le nouvel ambassadeur de Chine au Canada martèle le même message

OTTAWA — Pékin a un nouveau représentant au Canada, mais le message strict à Ottawa reste le même.

L’ambassadeur de Chine, Cong Peiwu, réitère l’appel de son pays pour que le Canada libère Meng Wanzhou, directrice financière de la société technologique chinoise Huawei, arrêtée il y a près d’un an.

Les relations entre Ottawa et Pékin sont particulièrement tendues depuis le début du mois de décembre dernier, lorsque les autorités canadiennes à Vancouver ont placé Meng Wanzhou en détention à la suite d’une demande des États-Unis concernant des allégations de violation des sanctions imposées à l’Iran.

Lors d’une table ronde tenue à Ottawa vendredi, M. Cong a déclaré que l’arrestation de Meng Wanzhou et la menace d’extradition vers les États-Unis équivalaient à une détention arbitraire, entraînant «les graves difficultés» que connaissent le Canada et la Chine.

Peu de temps après l’arrestation de Meng Wanzhou, Pékin a arrêté deux Canadiens, Michael Spavor et Michael Kovrig, relativement à des allégations d’atteinte à la sécurité nationale.

Ces arrestations sont largement perçues au Canada comme des représailles à la détention de Meng Wanzhou, dont l’audience d’extradition commence en janvier.

L’ambassadeur de Chine a également exhorté les Canadiens à se prononcer haut et fort contre les «criminels violents» qui réclament plus de liberté à Hong Kong, invoquant les risques sur ce territoire pour les citoyens canadiens et les entreprises.

«Ce qui s’est passé à Hong Kong n’a rien à voir avec la démocratie ou les droits de l’homme», a déclaré M. Cong, âgé de 52 ans, qui est entré en fonction à Ottawa il y a deux mois.

L’ambassadeur a dénoncé la législation américaine visant à sanctionner les responsables chinois et de Hong Kong qui violent les droits de l’homme. Il a mis le Canada en garde contre toute action de ce type, laissant entendre que cela causerait «de très graves dommages» aux relations bilatérales et que «ce ne serait pas dans l’intérêt du Canada».

«Nous sommes déterminés à préserver notre souveraineté nationale, nos intérêts principaux et notre sécurité, a déclaré M. Cong. Et nous sommes déterminés à nous opposer à toute intervention étrangère.»

L’ambassadeur a tenté de dissiper toute crainte quant à la possibilité pour Huawei de participer à la construction des réseaux mobiles 5G de la prochaine génération au Canada.

Certains experts en sécurité soutiennent que la participation de Huawei pourrait lui permettre d’accéder à une large gamme de données numériques tirées de la manière, du moment et du lieu où les clients canadiens utilisent leurs appareils électroniques. Il y aurait un grand intérêt des agences de sécurité chinoises pour ce type de renseignements.

M. Cong a rejeté l’idée que Huawei pourrait compromettre la sécurité des utilisateurs en installant des canaux par la «porte arrière» dans les appareils, appelant cela une «accusation sans fondement».

«Nous espérons donc que la partie canadienne offrira un environnement commercial équitable, juste et non discriminatoire aux entreprises chinoises, y compris Huawei», a-t-il affirmé.

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