Le NPD demande au gouvernement de boycotter tous les événements du G20 au Cachemire

OTTAWA — L’opposition néo-démocrate à Ottawa demande au gouvernement libéral d’interdire à certains responsables indiens d’entrer au Canada, mais aussi de boycotter les événements du G20 dans la région indienne du Cachemire, invoquant le traitement réservé aux minorités par ce pays.

L’Inde a entamé jeudi son mandat à la présidence tournante du G20, un forum des plus grandes économies du monde. Le rôle de l’hôte du G20 consiste à convoquer des réunions ministérielles tout au long de l’année, jusqu’à la tenue du sommet des dirigeants, prévu en septembre prochain à New Delhi.

Le Nouveau Parti démocratique a d’abord réclamé jeudi matin dans un communiqué «un boycottage diplomatique des activités du G20 en Inde». Mais il a ensuite réduit ses demandes pour exiger que le Canada évite les réunions ministérielles qui ont lieu dans la région du Cachemire, où sévit un conflit prolongé avec le Pakistan voisin.

«Le nombre croissant de crimes haineux antimusulmans et islamophobes, et les crimes envers les minorités, y compris les musulmans, les sikhs, les chrétiens, les bouddhistes, la communauté LGBTQ+, les femmes et les peuples autochtones est épouvantable», a déclaré jeudi  la porte-parole néo-démocrate en matière d’affaires étrangères, Heather McPherson.

«Les néo-démocrates demandent au gouvernement de condamner fermement les lois discriminatoires du gouvernement indien contre les minorités, ses menaces de nettoyage ethnique, la persécution des minorités et les arrestations de journalistes et de militants des droits de la personne», a affirmé la députée d’Edmonton lors d’une conférence de presse à Ottawa.

Le haut-commissariat de l’Inde à Ottawa et le cabinet de la ministre canadienne des Affaires étrangères, Mélanie Joly, n’ont pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires.

Mme McPherson a été rejointe en conférence de presse jeudi par des représentants de l’Organisation mondiale des sikhs et du Conseil national des musulmans canadiens, qui ont soutenu que le gouvernement du premier ministre Narendra Modi adhérait à une mouvance dangereuse du nationalisme hindou.

Jaspreet Kaur Bal, vice-présidente ontarienne de l’Organisation mondiale des sikhs au Canada, a qualifié l’Inde d’État fasciste.

La députée McPherson a déclaré que des membres du parti politique dont fait partie le premier ministre Modi «ont appelé à la violence raciste et génocidaire contre les musulmans et d’autres minorités en Inde», mais elle n’a identifié personne en particulier. Elle souhaite qu’Ottawa interdise à ces hauts responsables indiens d’entrer au Canada.

Le mois dernier, le gouvernement Trudeau a annoncé son intention de resserrer ses liens avec l’Inde, dans le cadre de sa «stratégie du Canada pour l’Indo-Pacifique».

«Nous croyons que le Canada a un rôle important à jouer pour s’assurer que les États avec lesquels nous discutons et avec lesquels nous espérons développer davantage de liens partagent des valeurs semblables en matière de droits de la personne», a soutenu jeudi Mme McPherson.

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