Le NPD demande au gouvernement Trudeau d’agir contre les groupes haineux

OTTAWA — Le chef du NPD, Jagmeet Singh, affirme que le gouvernement libéral doit en faire plus pour lutter contre la menace croissante des groupes haineux. 

Les cinq dernières années ont vu une prolifération de groupes néonazis et de contenu de la droite alternative – «alt-right» – en ligne, les experts affirmant que le nombre de groupes haineux au Canada a triplé pour atteindre 300 depuis 2015.

 «Les suprémacistes blancs radicalisés, les néonazis et la droite alternative ont entraîné la mort de personnes», a-t-il déclaré, soulignant la menace pour les communautés musulmanes, juives, sikhes et racialisées du Canada. 

«Les mères me parlent de la peur qu’elles ont pour leurs enfants de sortir dans la communauté, inquiètes de la violence qu’ils pourraient subir.»

Lors d’une réunion virtuelle avec des militants mardi, M. Singh a approuvé un plan d’action du Conseil national des musulmans canadiens appelant à une législation fédérale qui permettrait aux autorités d’interdire les organisations suprémacistes blanches n’étant pas considérées, selon certains critères, comme des milices ou des entités terroristes. 

Le plan exige également que les autorités agissent de manière plus proactive pour démanteler les groupes haineux en vertu des dispositions existantes de la Loi antiterroriste et du Code pénal. Bernie Farber, président du Réseau canadien anti-haine, affirme que les organisations nationales d’application de la loi se doivent de créer des divisions dédiées à la lutte contre les crimes haineux. 

«En ce moment, c’est à mon avis l’une des périodes les plus dangereuses de l’histoire du Canada en ce qui concerne la violence d’extrême droite», a déclaré Bernie Farber, ancien chef du Congrès juif canadien, qui a été dissous en 2011. Vingt-deux personnes ont été tuées par des radicaux de l’extrême- droite au cours des quatre dernières années, a-t-il déclaré, y compris les 10 personnes décédées lors de l’attaque d’un camion-bélier à Toronto il y a deux ans. 

Le procès d’Alek Minassian, qui a déclaré à la police qu’il avait planifié et mené l’attaque en avril 2018, mais a plaidé non criminellement responsable, a débuté mardi. Alek Minassian a déclaré aux enquêteurs qu’il avait échangé avant l’attaque avec deux meurtriers de masse motivés par la culture misogyne «incel», propagée par des hommes prétendant être «célibataire involontaire». 

Les groupes haineux et les idées de la suprématie blanche sont «sauvagement activés» par les plateformes de médias sociaux grand public telles que Facebook et Twitter et les babillards électroniques comme 8chan, mais aussi les plateformes marginales comme Gab, Telegram et Parler, a déclaré Barbara Perry du Centre d’étude de la haine, des préjugés et de l’extrémisme.  

«Nous voyons également beaucoup plus de ce que j’appelle des « flottants » – des gens qui ne sont pas nécessairement affiliés à un groupe en particulier, mais, étant donné l’accessibilité des sites en ligne, ils vont cueillir sur différentes plateformes les récits qui semblent correspondre à leur propre réquisitoire ou à leur propre sort dans la vie », a déclaré Barbara Perry lors d’un entretien téléphonique. 

Des militants, dont Barbara Perry et les membres du Conseil national musulman, ont rencontré virtuellement le premier ministre Justin Trudeau, le ministre de la Sécurité publique Bill Blair et le ministre de la Diversité Bardish Chagger lundi soir pour discuter des mesures qui pourraient être mises de l’avant. Les incidents antisémites sont en hausse depuis 2016, et cette année le nombre a dépassé  les 2200 de l’an dernier, selon le groupe de défense juifs B’nai Brith Canada. 

Le député libéral Anthony Housefather a déclaré que la plupart des extrémistes s’initiaient à leur idéologie en ligne. Avec le député conservateur Marty Morantz, il fait partie d’un groupe de travail lancé cet automne qui comprend des politiciens d’Australie, d’Israël, du Royaume-Uni et des États-Unis et qui vise à inciter les législatures à adopter des lois similaires et à faire pression collectivement sur les entreprises du Web pour qu’elles agissent. 

«L’ayatollah (Ali) Khamenei, le chef suprême de l’Iran, a tweeté à plusieurs reprises du contenu antisémite ignoble au cours du mois dernier, et Twitter ne l’a pas signalé», a déclaré Anthony Housefather lors d’un entretien téléphonique. Il a déclaré que les entreprises devraient travailler plus fort pour contextualiser ou supprimer les messages haineux. 

L’Équipe spéciale interparlementaire de lutte contre l’antisémitisme en ligne devait organiser sa première séance d’information virtuelle avec les organisations communautaires mardi soir. Lundi et mardi ont marqué l’anniversaire de Kristallnacht – également connue sous le nom de «Nuit du verre brisé» – un massacre qui a eu lieu en 1938 contre les Juifs de l’Allemagne nazie qui s’est soldé par la mort de dizaines de civils, la destruction de magasins et de synagogues et l’arrestation de milliers de personnes conduites dans des camps de concentration.

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