Le cadre financier du NPD prévoit un déficit de 32,7 G $ la première année

OTTAWA — Le Nouveau Parti démocratique (NPD) a présenté vendredi un cadre financier qui prévoit un déficit de 32,7 milliards $ dès la première année, sans aucun plan pour rétablir l’équilibre budgétaire.

Les néo-démocrates ont publié leur plateforme de calcul des coûts qui comprend 35 milliards $ de nouvelles dépenses la première année et 30,5 milliards $ de nouveaux revenus.

Le cadre financier indique que plusieurs des nouveaux investissements proposés seraient implantés dès la première année d’un gouvernement néo-démocrate. Le déficit projeté tomberait à 18 milliards $ la deuxième année et se situerait autour de 16,5 milliards $ pour les deux années suivantes.

Le parti affirme que son cadre financier continuerait à voir le ratio de la dette au PIB du pays diminuer au cours de cette période.

Les nouvelles dépenses les plus importantes proposées par le NPD comprennent 10 milliards $ pour l’assurance-médicaments, 5 milliards $ pour la construction de nouveaux logements abordables et 1,8 milliard $ pour l’accès à l’eau potable dans les communautés autochtones.

Les nouvelles recettes proviendraient en grande partie des entreprises et des Canadiens les plus riches, notamment 8 milliards $ provenant de l’augmentation du taux d’inclusion des gains en capital, 6,3 milliards $ de l’augmentation du taux d’imposition des sociétés, 5,8 milliards $ venant de l’argent récupéré dans les paradis fiscaux et 5,6 milliards $ d’un impôt aux super-riches.

«Depuis des décennies, on a vu des coupures, coupures dans les revenus, coupures dans les services. Donc, on veut changer ça. C’est une direction mauvaise pour le Canada, pour la société. À cause des mauvaises décisions depuis beaucoup d’années, il faut avoir le courage de tourner la direction. Et pour faire ça, il faut augmenter les revenus et augmenter les investissements dans les gens», a fait valoir Jagmeet Singh lors d’une conférence de presse en matinée à Ottawa.

Trans Mountain

Par ailleurs, interrogé à savoir ce qu’il ferait de l’oléoduc Trans Mountain, dont le gouvernement fédéral est maintenant propriétaire, le chef du NPD est resté vague. «Que faire avec? C’est difficile à dire. Je ne l’aurais pas acheté; je veux être clair à ce sujet. Je ne veux pas de son expansion; je veux aussi être clair à ce sujet. Que faire avec maintenant? C’est difficile à dire.»

Il a laissé entendre qu’il lui faudrait davantage d’informations pour prendre une décision éclairée, notamment pour savoir combien vaut maintenant ce pipeline et son expansion. «M. Trudeau a commis une erreur en l’achetant et il faut qu’on trouve quoi faire avec pour la suite des choses. Je dois être au gouvernement pour le savoir», a-t-il ajouté.

Selfies au Complexe Desjardins

Plus tard en après-midi, à Montréal, M. Singh a pris un bain de foule au Complexe Desjardins. Par moment, les gens faisaient littéralement la file pour prendre un autoportrait avec lui et échanger quelques mots.

M. Singh était très à l’aise et au naturel avec ces gens, blaguant avec l’un, s’informant auprès de l’autre à savoir d’où il venait et ce qu’il faisait. Des électeurs issus de la diversité lui ont confié le voir comme un modèle.

«J’espère qu’on aura l’opportunité de vous avoir comme premier ministre. Je suis très heureuse qu’un immigrant soit proposé comme premier ministre. J’espère qu’un de mes enfants suivra votre chemin», lui a lancé une électrice originaire du Mexique.

«Mes parents sont venus ici et ils ont pensé: on va essayer. Et maintenant, leur fils essaie de devenir premier ministre. Alors, c’est une histoire tellement canadienne», lui a répondu M. Singh.

Un travailleur âgé d’origine chilienne, qui avait peine à joindre les deux bouts, lui a parlé du coût du logement et du panier d’épicerie. «Je suis ici depuis 32 ans. J’ai travaillé. Je mérite une vie tranquille après 65 ans. Je te donne une chance. Je te souhaite bonne chance aux élections», a-t-il dit à M. Singh.

«Vous êtes vraiment une personne extraordinaire pour le Canada. Bonne chance avec les élections; vous méritez ça», lui a dit un autre électeur, qui s’est décrit comme «un anti-Trump».

Sur place, M. Singh a aussi croisé plusieurs délégués du congrès du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) qui prenait fin, juste à côté au Palais des congrès. Là encore, il s’est plié de bonne grâce aux dizaines de demandes de photographie avec lui. Mercredi dernier, d’ailleurs, M. Singh avait pris la parole devant le congrès du SCFP et avait été maintes fois ovationné.

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