Le NPD réclame l’étiquetage obligatoire pour les aliments contenant des OGM

OTTAWA – Un mois après que le gouvernement libéral eut autorisé le saumon transgénique à la consommation, les néo-démocrates relancent l’idée de rendre obligatoire l’étiquetage des produits contenant des organismes génétiquement modifiés (OGM).

Il est «grand temps» que le Canada emboîte le pas à des juridictions comme l’Union européenne ou encore le Vermont, qui deviendra le 1er juillet le premier État américain à exiger l’étiquetage obligatoire, a plaidé mardi matin le député Pierre-Luc Dusseault.

L’élu du Nouveau Parti démocratique (NPD) a déposé en première lecture un projet de loi d’initiative parlementaire allant en ce sens, faisant valoir que les Canadiens avaient le droit de savoir ce qui se retrouve dans leur assiette.

Les modifications proposées à la Loi sur les aliments et les drogues feraient en sorte qu’il «serait interdit de vendre tout aliment génétiquement modifié à moins que son étiquette ne contienne les renseignements prévus par règlement», a-t-il expliqué en conférence de presse.

Les géants de l’agroalimentaire pourraient «certainement» offrir une résistance, mais «plusieurs» ont déjà accepté de se plier aux règles, constatant qu’«il y a déjà un mouvement au niveau international pour l’étiquetage», a fait remarquer M. Dusseault.

Son projet de loi, qui tient sur une petite page, propose l’ajout de deux pouvoirs réglementaires à la Loi sur les aliments et les drogues: définir l’expression génétiquement modifié et régir l’étiquetage des aliments génétiquement modifiés.

Ce n’est pas la première fois que la question de l’étiquetage des OGM revient sur la table — l’enjeu a fait couler beaucoup d’encre il y a environ une décennie, alors que des champs de cultures transgéniques se faisaient faucher de l’autre côté de l’Atlantique.

Ce n’est pas non plus la première fois qu’un député fédéral dépose un projet de loi d’initiative parlementaire pour imposer l’étiquetage obligatoire.

«Malheureusement, ça n’a jamais été débattu à la Chambre des communes. (…) Je vais tenter de convaincre mes collègues d’appuyer le projet de loi, pour à tout le moins l’envoyer en comité parlementaire pour une discussion plus approfondie», a indiqué M. Dusseault.

Le dépôt de la mesure législative C-291 survient un mois après l’annonce, par le gouvernement fédéral, de l’arrivée prochaine sur le marché du saumon transgénique AquaAdvantage, le premier animal génétiquement modifié pour consommation humaine à être approuvé.

Lors de cette annonce, la ministre de la Santé, Jane Philpott, et son collègue à l’Agriculture, Lawrence MacAulay, avaient refusé de se prononcer sur l’éventualité d’imposer une obligation d’étiquetage pour ce poisson.

Ils avaient signalé que le comité parlementaire de l’agriculture et de l’agroalimentaire pourrait se pencher sur cette question, ce que le ministre MacAulay s’est contenté de répéter mardi lorsqu’il a été interpellé par le député Dusseault lors de la période de questions en Chambre.

Les militants de l’aile québécoise du Parti libéral du Canada (PLC) espéraient débattre de l’enjeu de l’identification obligatoire des aliments génétiquement modifiés lors du congrès biennal de la formation à Winnipeg, à la fin mai, mais ils n’ont finalement pu le faire.

La volonté d’aller de l’avant avec un étiquetage obligatoire semble plus forte du côté de Québec. Le ministre de l’Agriculture, Pierre Paradis, a affirmé en novembre dernier qu’il travaillait «activement» sur ce dossier en collaboration avec le gouvernement ontarien.

«Le but proposé (…) c’est de faire en sorte que le Vermont, le Québec et l’Ontario puissent agir de concert pour avoir une masse critique de consommateurs qui fait en sorte que l’industrie y voie un avantage incontournable», avait-il dit à l’Assemblée nationale.

Le saumon transgénique qui a obtenu le feu vert d’Ottawa été conçu par AquaBounty Technologies pour favoriser une croissance rapide lors des premiers stades de sa vie en utilisant un gène de l’hormone de croissance du saumon quinnat dans un saumon atlantique.

Il avait déjà été approuvé pour utilisation par la Food and Drug Administration des États-Unis après un examen scientifique.