Le NPD veut des données sur les infections parmi les camionneurs long-courriers

Le porte-parole du NPD en matière de santé se dit grandement préoccupé par l’absence de surveillance des infections parmi les camionneurs qui parcourent de longues distances et franchissent régulièrement la frontière avec États-Unis.

«Je pense que les Canadiens devraient non seulement être inquiets, mais alarmés», avance le député néo-démocrate de Vancouver Kingsway, Don Davies.

L’Agence de la santé publique du Canada ne recueille pas de renseignements sur les infections parmi les camionneurs long-courriers à l’heure actuelle. Le ministère redirige les questions sur le nombre de cas de COVID-19 dans le secteur du camionnage vers les autorités provinciales et territoriales.

Or, la majorité des provinces ne surveillent pas non plus de manière ciblée les infections chez les camionneurs qui font de longues distances, même si ces derniers sont parmi les seuls Canadiens qui se rendent encore dans des régions des États-Unis durement touchées par la pandémie. La frontière canado-américaine a fermé à la plupart des voyageurs en mars, mais elle demeure ouverte aux personnes et aux entreprises fournissant des services essentiels.

En date de vendredi, les États-Unis faisaient état de près de deux millions de cas diagnostiqués de COVID-19 et plus de 108 000 décès.

Don Davies estime que les chauffeurs de camion qui franchissent la frontière devraient être testés et les résultats devraient être colligés au niveau fédéral afin de mieux comprendre les risques associés à la relance de l’économie.

«C’est important non seulement pour la santé et la sécurité des camionneurs et de leur famille, mais aussi pour la communauté dans son ensemble», fait valoir le député.

Les autorités sanitaires du Manitoba ont signalé vendredi que deux des nouveaux cas enregistrés dans la province étaient liés à un camionneur long-courrier et à une personne avec qui il était en contact étroit. La semaine précédente, deux autres cas manitobains ont été liés à des camionneurs, tout comme une éclosion d’au moins dix cas le mois dernier.

En Colombie-Britannique, les responsables de la santé publique ne s’intéressent pas à la distribution des cas par profession, mais comptent bientôt le faire. L’Alberta ne divulgue pour sa part aucune information sur les différents corps de métier touchés, sauf pour les travailleurs de la santé.

La Saskatchewan, l’Ontario et le Québec affirment que les données ne sont pas colligées avec ce niveau de détail. L’Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ) a néanmoins formulé des recommandations spécifiques pour les camionneurs, qui n’ont pas à s’isoler pendant 14 jours à leur retour de l’étranger.

Du côté du ministère fédéral des Transports, des mesures ont été mises en place pour assurer la sécurité des travailleurs et l’accès de l’équipement de protection, affirme la porte-parole Frederica Dupuis.

La collecte des données incombe toutefois aux provinces et territoires, note-t-elle.

Le président de l’Alliance canadienne du camionnage, Stephen Laskowski, affirme que le nombre de conducteurs infectés n’a rien de préoccupant à sa connaissance.

«Nous n’avons pas eu une explosion de cas ou des problèmes hors de la normale par rapport à l’ensemble de la société.»

L’admissibilité aux tests de dépistage s’est élargie partout à travers le Canada pour inclure les travailleurs de l’industrie du camionnage.

M. Laskowski ne déplore pas le fait que des données spécifiques ne soient pas collectées. Le camionnage de longue distance n’implique généralement pas beaucoup d’interactions, souligne-t-il, et les livreurs et les clients ont mis en place de nouveaux protocoles pour assurer leur sécurité.

«La conduite de camions sur de longues distances est un auto-isolement en soi, avance le président du syndicat. On peut passer plusieurs jours en ayant affaire à peut-être une seule personne.»