Le pape écarte une enquête visant le cardinal Ouellet pour agression sexuelle

Le pape François juge qu’il n’y a pas matière à ouvrir une enquête sur les allégations d’agression sexuelle visant le cardinal Marc Ouellet.

«Il n’y a aucun motif fondé pour ouvrir une enquête pour agression sexuelle de la personne F. de la part du cardinal M. Ouellet», peut-on lire dans une déclaration publiée par le Bureau de presse du Saint-Siège.

Le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, Matteo Bruni, a confirmé que les allégations contre Marc Ouellet avaient été portées à l’attention du Vatican et avaient fait l’objet d’une enquête par un théologien jésuite, le révérend Jacques Servais. M. Servais a déterminé qu’il n’y avait aucune raison de poursuivre une enquête ou un procès canonique, a déclaré M. Bruni.

Questionné sur la poursuite, M. Servais a déclaré être parvenu à cette conclusion après avoir lu les allégations écrites de la femme, identifiée comme «F», et l’avoir interrogée via Zoom en présence d’un membre d’un comité diocésain.

«Cette personne n’a pas porté une accusation qui fournirait matière à une telle enquête», a déclaré M. Servais dans un communiqué du Vatican.

Le nom du cardinal Ouellet apparaît dans une action collective pour agression sexuelle qui vise 88 prêtres du Diocèse de Québec. Selon le document, une jeune femme surnommée «F» avait «l’impression d’être pourchassée» par le cardinal qui l’aurait massée, embrassée avec familiarité et lui aurait touché les fesses.

Les faits reprochés seraient survenus entre 2008 et 2010. «F» allègue aussi avoir été agressée sexuellement par l’abbé Léopold Manirabarusha entre 2016 et 2018.

Le pape François aurait précédemment demandé d’enquêter sur les agissements du cardinal qui a été nommé préfet de la Congrégation des évêques à Rome en 2010, le premier Québécois à devenir préfet d’une congrégation romaine.

La demande introductive d’instance en action collective souligne que «le père Jacques Servais semble avoir peu d’information et de formation sur les agressions sexuelles en plus d’être possiblement un collaborateur du cardinal Marc Ouellet» et qu’en date de l’été 2022, «aucune conclusion concernant les plaintes contre le cardinal Marc Ouellet n’a été transmise à F».

L’Église catholique a mis au point des procédures pour enquêter et sanctionner les prêtres accusés d’inconduite sexuelle avec des mineurs, mais elle prend rarement des mesures punitives contre les religieux accusés d’inconduite sexuelle avec des adultes.

Justin Wee, un avocat de la femme, a indiqué que sa cliente était déterminée à prouver ses allégations devant un tribunal civil.

«Elle est très déçue, a-t-il déclaré. Mais elle sait qu’il n’y a pas d’autre choix que d’aller devant un tribunal civil.»

Me Wee a dit qu’elle n’avait pas porté plainte à la police.

«C’est à elle de décider», a-t-il dit lorsqu’on lui a demandé pourquoi elle n’était pas allée à la police, ajoutant qu’elle avait d’abord déposé sa plainte auprès de l’archidiocèse de Québec.

L’archidiocèse a refusé de commenter la poursuite, puisqu’elle fait l’objet de procédures devant le tribunal.

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