Le Parlement reprend ses activités jeudi avec un débat sur le discours du Trône

OTTAWA — Le sort du gouvernement libéral minoritaire du premier ministre Justin Trudeau est en jeu alors que le Parlement reprend jeudi ses activités normales pour la première fois en six mois.

Les partis d’opposition donneront leurs réponses officielles au discours du Trône de mercredi, mais ils ont déjà signalé que M. Trudeau ne pouvait compter sur le soutien d’aucun d’entre eux pour survivre à l’éventuel vote de confiance et éviter de plonger le pays dans une élection en pleine deuxième vague de la pandémie de COVID-19.

Les conservateurs ont été sans équivoque: ils n’appuieront pas le discours du Trône.

Le Bloc québécois a été presque aussi catégorique: les députés du Bloc n’envisageront pas d’appuyer le discours du Trône à moins que M. Trudeau n’accepte de verser au moins 28 milliards $ de plus chaque année en transfert aux provinces pour les soins de santé, comme l’ont demandé à l’unanimité les premiers ministres, la semaine dernière.

Le chef du Bloc, Yves-François Blanchet, ne donne au gouvernement qu’une semaine pour accéder à cette demande, tenant pour acquis que le vote de confiance sur le discours du Trône aura lieu la semaine prochaine.

Cela laisse le NPD comme partenaire le plus probable des libéraux, mais le chef néo-démocrate, Jagmeet Singh, a ses propres conditions: une loi garantissant que les Canadiens sans emploi en raison de la pandémie ne verront pas leurs prestations d’urgence réduites et que les Canadiens qui tombent malades auront droit à des congés de maladie payés.

Le gouvernement pourrait remplir les conditions du NPD avec une loi déjà promise, visant à faire passer les Canadiens sans emploi de la Prestation canadienne d’urgence de 500 $ par semaine à un régime d’assurance-emploi plus souple et plus généreux.

Le mois dernier, le gouvernement a promis de faire en sorte que les Canadiens sans emploi continuent de recevoir 400 $ par semaine dans le cadre des réformes proposées au programme d’assurance-emploi.

Il a également promis de mettre en place trois nouvelles prestations temporaires, parmi lesquelles se trouveraient la Prestation canadienne de la relance économique de 400 $ par semaine pour ceux qui ne sont habituellement pas admissibles à l’assurance-emploi, ainsi que la Prestation canadienne de maladie pour la relance économique, qui doit fournir 500 $ par semaine pour un maximum de deux semaines pour les travailleurs qui tombent malades ou doivent s’isoler en raison de la COVID-19.

Le gouvernement souhaite également mettre en place une Prestation canadienne de la relance économique pour proches aidants, qui fournirait 500 $ par semaine jusqu’à 26 semaines pour les personnes incapables de travailler parce qu’elles doivent prendre soin d’un enfant ou d’une autre personne à charge en raison de la fermeture d’écoles, de garderies ou d’autres établissements de soins en raison de la pandémie.

Les représentants du gouvernement disent que la législation autorisant les réformes de l’assurance-emploi et les nouvelles prestations sera déposée très bientôt. Ils laissent également entendre que les détails font l’objet de négociations avec les partis d’opposition — ce qui lui donne une chance d’élargir les avantages proposés pour s’assurer qu’ils répondent aux conditions du NPD pour appuyer le discours du Trône.

Le discours du Trône a promis de faire tout ce qui est nécessaire pour protéger la vie des Canadiens et leur fournir un soutien financier aussi longtemps que la pandémie fera rage, notamment en prolongeant la Subvention salariale d’urgence de 75 % jusqu’à l’été prochain et en offrant un investissement soutenu dans un système de garde d’enfants à l’échelle du Canada.

Il a également promis des prêts d’urgence élargis pour les entreprises et un soutien financier ciblé pour les industries les plus durement touchées par la pandémie, notamment le voyage, le tourisme et l’hôtellerie.

À plus long terme, le discours a promis une collaboration avec les provinces pour établir des normes nationales pour les établissements de soins de longue durée, où plus de 80 % des décès liés à la COVID-19 au Canada sont survenus, et pour mettre en place un programme universel d’assurance-médicaments.

Et il a promis de faire de la lutte contre le changement climatique la «pierre angulaire» de son plan de création d’un million de nouveaux emplois.

Le gouvernement doit prévoir six jours de débat sur le discours du Trône, mais il n’est pas nécessaire que ce soit des jours consécutifs. M. Blanchet a déclaré que lui et le chef conservateur Erin O’Toole, tous deux actuellement en isolement après avoir été testés positifs pour la COVID-19, devaient se joindre au débat mardi.

Aucune date n’a encore été fixée pour le vote mais, le moment venu, le gouvernement aura besoin du soutien d’au moins un des principaux partis d’opposition pour éviter d’être défait.

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