Le parrainage de réfugiés par des organismes au Québec est suspendu pour un an

MONTRÉAL — Québec suspend pour un an tous les parrainages collectifs de réfugiés par des organismes, comme les congrégations religieuses, parce qu’il a des «préoccupations sérieuses» quant à l’intégrité de certains de ces groupes.

Le gouvernement a indiqué mercredi que jusqu’en novembre 2021, seuls des groupes de deux à cinq «personnes physiques» pourront présenter une demande d’engagement, du 6 avril au 5 mai 2021. Le nombre maximal et total de demandes d’engagement à recevoir dans le cadre du Programme des personnes réfugiées à l’étranger («parrainage collectif») est établi à 750 pour l’année 2021.

Toutes les grandes organisations, y compris les groupes confessionnels et à but non lucratif qui parrainent des réfugiés depuis des années, sont donc exclues du programme pendant un an.

Le gouvernement a publié sa décision dans la Gazette officielle, mais ne donne pas plus de détails, sinon que pour souligner qu’il a «des préoccupations sérieuses concernant l’intégrité de certaines pratiques de personnes morales dans le cadre du Programme des personnes réfugiées à l’étranger (parrainage collectif)».

Le ministère de l’Immigration n’a pas répondu immédiatement à une demande de commentaires de La Presse canadienne.

Paul Clarke, directeur d’Action refugiés Montréal, un organisme sans but lucratif qui parrainait justement des réfugiés depuis les années 1990, a qualifié de malheureuse la décision du gouvernement. Il affirme que des organisations légitimes comme la sienne sont maintenant considérées comme suspectes à la suite de cette décision.

M. Clarke trouve injuste de punir son organisation pour les erreurs présumées d’autres groupes. «Ils utilisent un marteau alors qu’ils devraient utiliser un scalpel», a-t-il soutenu.

Le porte-parole de Québec solidaire en matière d’immigration, Andrés Fontecilla, a estimé que «ce n’est pas parce que des soupçons d’irrégularités pèsent sur quelques groupes que nous devons pénaliser tous les organismes qui travaillent auprès des personnes réfugiées».

«Je m’attends à beaucoup plus de la part de la ministre Girault que de simplement mettre le programme à l’arrêt», a déclaré M. Fontecilla dans un communiqué. «Si la ministre prenait cinq minutes pour s’asseoir avec les groupes, comme ils le demandent depuis longtemps, elle serait en mesure de mettre en place un programme fiable et efficace qui répond aux réalités du terrain.»

La décision du gouvernement de suspendre les parrainages collectifs d’organismes ne réduit toutefois pas le nombre total de réfugiés vivant à l’étranger qui pourront être admis au Québec.

M. Clarke a déclaré que le gouvernement avait autorisé environ 750 demandes par an au cours des dernières années et qu’il le ferait aussi en 2021.

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